Toute la beauté du monde

Toute la beauté du monde

"Toute la beauté du monde" a tout pour plaire en apparence : de beaux et talentueux acteurs, une bonne musique et des paysages magnifique ; et au final, une jolie romance. Sans plus.

Après "le coeur des hommes", après un tel bijou, Marc Esposito était attendu au tournant. Hélas, il dérape un peu dans le virage, perdu dans ses rêves romantiques et sa passion pour l'histoire qu'il a lui-même écrite. L'aventure de Tina est un grand voyage au paradis des photographes de cartes postales - bali - un voyage de deuil, pour sortir du trou noir de la mort de son mari. A ses côtés, Franck, fou amoureux d'elle, et prêt à lui cacher ses sentiments, qu'elle connaît déjà, pour rester auprès d'elle. Que c'est beau ! On en a encore les cils qui papillonnent ! Bref, on le voit venir à des kilomètres à la ronde... et effectivement, on n'échappe pas au roulage de pelles final "soooouuuus le soleeeeeeeiiiil" (air connu). Après tout, où est le mal ? Tant que le film s'assume pleinement, on y croit et on oublie les dialogues trop clichés. Certains moments trop niais sont heureusement sauvés par un peu de dérision et par l'absence de violons... Seulement parfois, c'est trop énorme.

"Toute cette beauté, ça me remplit" et tra la la, dit Zoé félix avant d'aller contempler les étoiles. Réplique casse-gueule sur laquelle n'importe quel critique pourrait sauter pour détruire le film : "en effet, Esposito remplit son film d'images de rêve pour combler un vide terrible dans le scénario." N'exagérons rien. Le scénario fait des efforts pour ne pas raconter son histoire superficiellement. Le deuil est un sujet délicat et Esposito s'en sort bien, malgré quelques maladresses (dès le début, le mari est mort, il pleut !). Tina pleure, sourit, pleure et dort comme un bébé "dort une heure - pleure deux heures -dort une heure..." ; Esposito évite d'en faire trop, il est discret, délicat, comme l'est Franck. Au détour des paysages magnifiques, il en profite également pour faire un petit discours écolo, beaucoup trop gros pour que l'on ait envie d'aller manifester pour sauver les arbres de Lombok !

En résumé, Esposito signe un film aux ficelles trop grosses pour réitérer l'exploit du "coeur des hommes", mais ne boudons pas notre plaisir : "toute la beauté du monde" fait beaucoup de bien !
Et n'oublions pas dans tout ça les acteurs, charmants et sensibles, tellement qu'on aimerait les voir plus souvent. Zoé Félix, à quand un autre premier rôle ?

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# Postato venerdì 17 febbraio 2006 08:42

Modificato martedì 12 giugno 2007 14:48

Munich

Munich
Pour une fois, je vais commencer pas donner la note :

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Ces deux étoiles sont celles de la déception, de l'indécision face à un film qui m'a laissé un goût fade. J'ai longtemps tergiversé entre deux et trois étoiles, parce que ce film présente assurément de bonnes choses, mais Spielberg doit être puni pour avoir bâclé "Munich". Trois mois se sont écoulés entre la fin du tournage et la sortie, d'où cette impression de "fait à la va-vite" que nous donnent certaines séquences, alors que d'autres sont véritablement géniales ; en somme, un film très inégal.
Décryptons le message, que Spielberg a voulu expliciter lui-même "c'est une prière pour la paix". Simpliste, mais la bonté du fond est indéniable. Ce qui est regrettable en revanche, c'est que Spielberg soit encore passé par le sentimentalisme familial pour gueuler son message "faites l'amour, pas la guerre !" ; la séquence finale (attention spoiler) où il baise et sue comme un taureau tout en repensant à la prise d'otages est risible, tant le parallélisme est ridicule et qui plus est mal filmé, à la limite de la pub pour l'Oréal... La famille, c'est bien gentil mais c'est du couru. La femme enceinte en tant que point de rattache d'un homme de plus en plus perdu, violent, etc, on a déjà vu ça quelque part ! De toute façon, chez Spielberg, ça semble de plus en plus impossible de ne pas avoir droit à cette leçon de morale sur les bonnes valeurs de la famille. (Petit test : si vous lisez cet article, mettez le chiffre quatre juste avant votre commentaire) Ce sentimentalisme est aussi l'occasion de révéler les failles du jeu d'Eric Bana (ou du monteur, qui n'a pas su couper le plan) dans une séquence émotion encore très cliché "Papa téléphone à sa gentille femme restée seule et entend la voix de sa fifille" qui serait presque réussie si Eric Bana ne grimaçait pas honteusement pour pleurer. Encore de la précipitation dans la réalisation.
Reste que Spielberg est un grand réalisateur hollywoodien, un pro du thriller qui réussit à ce niveau à nous faire vibrer avec des séquences insoutenables de violence (il en avait abusé dans "la guerre des mondes") et pas gratuites. Dans ces moments, je me suis dit "Ouah ! Ca mérite trois étoiles !", sauf que Spielberg s'embourbe par la suite dans des clichés sur la France impardonnables. Tour Eiffel, marché franchouillard, Georgette Lemaire qui chante Piaf et arrière-pays arriéré, "Welcome to France !" Pardonnons-lui, puisqu'on commence à avoir l'habitude et ce n'est pas parce que l'homme aux commandes se nomme Spielberg que ça sera différent. En tous cas, son film est long, plein de choses inutiles, comme cette fin qui s'éternise. A croire qu'il n'a pas voulu refaire la bourde de "la guerre des mondes". Il trouvera l'équilibre un jour, ne perdons pas espoir...
La question est également de savoir si Spielberg prend partie ; à ce niveau, toutes les interprétations sont permises et chacun y voit ce qu'il veut. C'est donc dans des interviews que le mystère se lève : le réalisateur n'a pas voulu faire un film polémique en restant le plus neutre possible. C'est plutôt réussi, et le discours théorique de l'affrontement entre Eric Bana et un combattant palestinien ne tue pas le film, on en redemenderait presque. Parce que contrairement à "lord of war", le message n'est pas percutant, on ne se prend pas en pleine poire notre sacré connerie. Toute l'absurdité de la vengeance n'est pas démontrée aussi bien que l'on pouvait l'espérer parce que le réalisateur prend son sujet avec des pincettes à cause de sa volonté de neutralité.
Voilà, Spielberg signe un film en demi-teinte, qui relève d'une vraie volonté de ne pas faire de "Munich" un film plat. Des efforts intéressants pour un film long et décevant.

# Postato martedì 14 febbraio 2006 06:57

Modificato martedì 12 giugno 2007 14:49

Les Bronzés 3 - Amis pour la vie !

Les Bronzés 3 - Amis pour la vie !
"Les bronzés 3" est le film inévitable du mois, le film pour lequel il faut arriver au moins une demi-heure en avance pour avoir une bonne place ! Comme dit Gérard Jugnot lui-même "C'est un événement planétaire... français !". Les chiffres le confirment : 3,9 millions de spectateurs en une semaine, et j'en fais partie. Non seulement, c'est la comédie immanquable de cette année, mais en plus, le Splendid a bien choisi sa date de sortie étant donné que la semaine du 1er Février était vraiment vide de films intéressants.

Alors que valent ces nouveaux Bronzés ? L'affiche le revendique : ils sont pires !!! Bien qu'ils évoluent dans un décor bien plus luxueux, ils sont mille fois plus losers, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Plutôt que de décrire les situations de nos chers bouseux de France en vacances, le Splendid s'est concentré sur les personnages, sur ce qu'ils sont devenus et signe un scénario cohérent. Ainsi on retrouve un Popeye toujours séducteur, jouant sur les apparences pour cacher sa pauvre situation, le couple Bernard et Nathalie moins beauf et plus chiant, un Jérôme qui perd son statut de bon pote et la cerise sur le gâteau une Gigi et un Jean-Claude totalement pervertis par les "United States". Sur la base de ces personnages, les Bronzés multiplient les gags, plus ou moins de bon goût et donnent déjà à cette suite un parfum de culte. Situations et répliques s'enchaînent à vive allure, trop vite même. Au début, Patrice Leconte calcule mal son timing et mène les présentations des personnages à une vitesse qui ne nous laisse pas le temps d'apprécier les retrouvailles. Puis l'intrigue s'installe et les gags fusent. Chacun a son heure de gloire, ce qui laisse la sensation agréable d'assister à un film de potes où les égos sont mis de côté, où le partage prime et où tous les risques peuvent être pris. Et en effet, le Splendid part dans tous les sens et plonge dans les gags lourdingues en plein milieu du film, que Dominique Lavanant orchestre. Dommage pour elle, on l'aimait bien mais là, elle est à peine drôle et toute l'énergie qu'elle donne n'y fait rien. Heureusement, le film se relève vers la fin et renoue avec les gags vraiment drôles ; une chose est sûre : on ne regardera plus "les bronzés font du ski" comme avant !!! Et finalement, le Splendid conclue de façon complétement innatendue, qui laisserait presque augurer une suite. On n'en est pas encore là : occupons-nous d'abord de rendre ce troisième volet aussi culte que les précédents... et il y a matière !

**(*) (parce que ça va forcément devenir culte !)

"Ah les amis, je nage dans le bonheur !
-En tous cas tu nages pas dans ton T-Shirt !"

# Postato venerdì 10 febbraio 2006 17:09

Les corps impatients

Les corps impatients
Le cinéma de Xavier Giannoli n'est pas toujours très subtil, mais il faut lui reconnaître de belles volontés, dont celle d'imposer sa touche personnelle. En somme, il se place à la croisée d'un François Ozon pour sa sensualité et d'un Jacques Audiard pour sa noirceur et sa brutalité (ce n'est pas un hasard si le compositeur des "corps impatients", Alexandre Desplat, est celui de Audiard).

Les acteurs

Avec son premier long-métrage "les corps impatients", Xavier Giannoli s'était fait remarquer grâce à ses deux acteurs Nicolas Duvauchelle et Laura Smet, chacun nominés pour le César du meilleur espoir. En réalité, ni l'un ni l'autre n'auraient mérité une récompense car tous deux ne jouent que sur la force de leur regard - que Laura Smet a tombant et triste, et Nicolas Duvauchelle noir et puissant. Dès qu'ils se mettent à parler, quelque chose pose problème : ils baragouinent. Si bien que l'on ne capte pas la moitié de leurs dialogues. En revanche, Marie Denarnaud, elle, s'épanouit devant une caméra qui capte toute son aura naturelle et sensuelle. Et au moins, elle articule.

Le sexe

Le sujet brûlant que le réalisateur a choisi pour son "coup d'essai" est pour le moins risqué. La maladie et ses répercussions sociales n'est pas forcément un thème éculé mais facilement plombant et larmoyant. Au fond, "les corps impatients", c'est l'histoire d'un couple qui se brise, un couple fragile et neuf que Giannoli nous présente sans tendresse et sans idéalisation aucune. La maladie s'immisce et s'impose comme une épreuve. Elle réunit et désunit. L'amie revient, l'amant s'éloigne. Un trio se forme, relativement banal, parfois prétexte à des scènes de cul gratuites. Car Giannoli a cette tendance un peu voyeuse, à savoir celle de ne pas s'arrêter à temps dans la surenchère de sexe, du sexe gratuit qui n'apporte rien, même pas l'empathie pour le désir flambant des protagonistes. On en vient même à se demander parfois si le sujet n'est pas prétexte au cul.

L'atmosphère

Fort heureusement, Giannoli a du talent et ça se voit à l'écran. En apparence, ses cadrages sont fouillis alors qu'ils cachent une vraie ingénuité, qui relèverait presque du génie. Le travail sur la photographie est soigné sans être léché et oscille entre la noirceur d'un cinéma sophistiqué et la froideur d'un documentaire. En témoigne ce plan, vers la fin du film, à l'hôpital, où Nicolas Duvauchelle est dans l'ombre et Laura Smet allongée sur son lit, dans la lumière. Métaphore ? Toujours est il que Giannoli a la pellicule malade, ce qui confère à son film une atmosphère pesante qui met mal à l'aise... parfois.

Le corps malade

« On est toujours seul, toujours. » dit Laura Smet. A qui la faute ? Si sa maladie la coupe du monde, doit-elle rendre pour seul responsable le rejet des autres ou se blâmer de sa parano impuissante ? La question est bien posée, et Giannoli n'y donne pas de réponse – qu'importe d'ailleurs puisque ce n'est pas le but – avec une fin évasive sur les rapports entre les personnages. Le maladie n'est hélas pas bien traitée dans sa chronologie laquelle est floue et ne fonctionne que par à coups. Bizarre, bizarre...

En résumé, un film qui frôle les trois étoiles mais qui doit se défaire de l'ambition « je suis la relève du cinéma français » pour mériter mieux. Un brin prétentieux.

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PS : J'ai mis plus de trois jours à pondre cette critique, mal écrite qui plus est, ça m'énerve !!! Faut vraiment que j'arrête de me prendre la tête... J'attends vos avis !

# Postato venerdì 10 febbraio 2006 10:53

Jarhead - la fin de l'innocence

Jarhead - la fin de l'innocence
Pour parler de ce film, je dois d'abord établir un fait : jarhead est mon premier Sam Mendes comme mon premier "film de guerre". Ce qui veut dire que toutes les références aux autres films du genre qu'il peut y avoir dans celui de Sam Mendes, je ne les ai pas vues. Je ne saurais donc qualifier jarhead de chef-d'oeuvre, tout ce que je peux faire, c'est lui vanter d'immenses qualités.

Il y a tout d'abord les qualités banales, que l'on énonce toujours.

Jake Gyllenhaal est incontestablement un des acteurs du moment, déjà sensationnel en cow-boy homosexuel dans le secret de Brokeback Mountain, il transcende jarhead avec une brutalité et une sensibilité troublantes. Et bien entendu, les Oscars l'ont complètement oublié, ne lui laissant qu'un minable "meilleur second rôle" pour le film d'Ang Lee, où il n'est pas second rôle du tout. Bref, tout ça pour dire que Jake Gyllenhaal fait partie de ces acteurs à belle gueule qui éclatent à l'écran par leur passion, par leur rage et leur talent.
Autre acteur remarquable, cantonné dans les seconds rôles, Peter Sarsgaard, vu notamment dans "l'homme au masque de fer" et "la porte des secrets (on oubliera...) et quelques bons films. Il explose à l'écran avec fougue et frustration, lui qui a la réplique-clé du film "welcome to the Suck" qu'il n'emplit pas de fausse testostérone à la Rambo. Ne l’oubliez pas cet acteur, ne l'oubliez pas.

Et en général, on ajoute que la BO est géniale !!! Justement, la musique dynamite le film et accompagne les images avec énergie, pour que Attente ne soit pas Ennui. Toute la force du film est là, dans tout ce qui n'est pas fait, à savoir la guerre. Attendre infiniment que ce pour quoi on est là arrive est psychologiquement intenable ; on ne s'étonne pas alors que chez ces marines bodybuildés les fusibles sautent. Enfermés en plein désert, à tourner en rond, impuissants face à la guerre dont ils devraient être les héros, ils déambulent, s'emmerdent, se frustrent, se marrent... Bref, ils s'ennuient intensément !
"This is our labour : wait."

Arrive enfin ce qu'on pourrait appeler leur heure de gloire, le moment d'aller sur le terrain. Dans ce qu'on pourrait concevoir comme une troisième partie (la première étant l'entraînement et la deuxième l'attente), Sam Mendes nous offre des images presque surréalistes (serait-ce le style Mendes ?), dans la lumière des puits de pétrole en flammes. Un autre monde. Il aurait pu nous épargner tout de même le discours de Jamie Foxx dans un presque ultime instant confidences, éculé. Passons. Cet esthétisme presque faux et volontaire marque le contraste avec le retour au pays, comme si l'on venait de faire un voyage sur la planète Testostérone, un voyage hallucinatoire, avec un arrière-goût d'inachevé. Enfin, Sam Mendes nous livre l'apothéose de la frustration : la guerre est terminée, leurs armes n'ont pas servi. Tout éclate dans une séquence d'une force décuplée par le son et la lumière enflammée. Enorme.
"4 days, 4 hours and 1 minute : this was my war."

****

Comment conclure ?
J'ai adoré ce film, et son premier mérite est de me donner envie de voir la filmographie de Sam Mendes (pas trop dur, il me reste 2 films !) et de regarder d'urgence les must du genre.

J'espère juste ne pas avoir écrit un amas de conneries !

# Postato martedì 07 febbraio 2006 10:07

Modificato martedì 07 febbraio 2006 11:02