Ce qui ressort avant tout de ce voyage en Arménie, c'est une véritable sincérité d'un cinéaste qui met beaucoup de sa personne dans chaque message qu'il fait passer. Le réalisateur a le mérite de ne pas rester béat d'admiration devant un pays qui rame encore, partagé entre misère, tradition, passé communiste et capitalisme... autant de problèmes à traiter en un film, tout en racontant une histoire, tout en développant des personnages, tout en rendant hommage à la beauté du pays. Ça en fait du boulot, ça en fait des choses à disperser et réunir en 2h05 ! Ça en fait trop. Guédiguian se perd en chemin et ne cesse de faire des détours épuisants... pour arriver où ? Quel bilan ? Un bordel monstrueux. Et si c'était ça l'Arménie ? Et s'il suffisait de souffrir 2h05 pour comprendre qu'il faut du temps pour reconstruire un pays ? "Souffrir" est un bien grand mot : Guédiguian aurait juste pu raccourcir le voyage, malgré tout l'amour qu'il finit par nous apporter pour son pays. Il nous apporte en revanche bien moins d'amour pour ses personnages, les acteurs n'y aidant pas : Ariane Ascaride manque de consistance et son père de fiction est carrément indigeste. Mais il n'en est fort heureusement point de même pour Gérard Meylan, Simon Abkarian et Jalil Lespert. Ils forment autant de points de vue différents qui font la richesse et le fardeau de ce voyage filmé avec le c½ur.
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