Pourquoi on t'aime... (4)

Pourquoi on t'aime... (4)
Alain Chabat

1) Parce que tu déchires autant devant que derrière la caméra.

2) Parce que ton goût pour la nullité se démerde toujours pour être raffiné !

3) Parce que chacune de tes apparitions clin d'oeil est un moment de bonheur.

4) Parce que tes blagues ont la connerie de l'intelligence !!!

5) Parce que ton Astérix n'est pas qu'une bombe, c'est une machine à torture des zygomatiques !

6) Parce qu'on t'aime comme un Papa...

7)
Parce que tu es culte !

"Serge Karamazoff, aucun lien fils unique."

"Toutes des salopes !"

"A real pelle..."

"Cette télécommande est équipée d'un DDMH, un Détecteur De Mauvaise Haleine."

"Le chef veut savoir qui a commis le crime pour savoir pourquoi j'ai fait ça."





A vous d'associer chaque réplique à son film, et si possible de compléter ma liste de déclarations d'amour pour cet acteur indispensable.

# Posté le samedi 02 septembre 2006 13:22

En harmonie avec l'Arménie

En harmonie avec l'Arménie
Je reconnais mes failles : je ne connais pas d'un petzouille le cinéma de Robert Guédiguian. J'ai vaguement lu çà et là qu'il s'engageait toujours politiquement et qu'il était d'origine arménienne, qu'il a souvent (toujours) planté sa caméra à Marseille et qu'il a ses acteurs fétiches. Il va me falloir faire abstraction de tout ça pour émettre mon avis.
Ce qui ressort avant tout de ce voyage en Arménie, c'est une véritable sincérité d'un cinéaste qui met beaucoup de sa personne dans chaque message qu'il fait passer. Le réalisateur a le mérite de ne pas rester béat d'admiration devant un pays qui rame encore, partagé entre misère, tradition, passé communiste et capitalisme... autant de problèmes à traiter en un film, tout en racontant une histoire, tout en développant des personnages, tout en rendant hommage à la beauté du pays. Ça en fait du boulot, ça en fait des choses à disperser et réunir en 2h05 ! Ça en fait trop. Guédiguian se perd en chemin et ne cesse de faire des détours épuisants... pour arriver où ? Quel bilan ? Un bordel monstrueux. Et si c'était ça l'Arménie ? Et s'il suffisait de souffrir 2h05 pour comprendre qu'il faut du temps pour reconstruire un pays ? "Souffrir" est un bien grand mot : Guédiguian aurait juste pu raccourcir le voyage, malgré tout l'amour qu'il finit par nous apporter pour son pays. Il nous apporte en revanche bien moins d'amour pour ses personnages, les acteurs n'y aidant pas : Ariane Ascaride manque de consistance et son père de fiction est carrément indigeste. Mais il n'en est fort heureusement point de même pour Gérard Meylan, Simon Abkarian et Jalil Lespert. Ils forment autant de points de vue différents qui font la richesse et le fardeau de ce voyage filmé avec le c½ur.


**

# Posté le lundi 28 août 2006 08:19

Condoléances

Condoléances
Le bonheur de retrouver notre héros d'enfance était immense, nous qui connaissions par coeur de "Astérix et Cléopâtre" au "coup du menhir" dont nous nous abreuvions à chaque Noël, nous n'avions que trop attendu. Quelle ne fut pas notre déception en constatant que l'esprit d'Astérix avait disparu ! Notre héros n'est plus qu'une icône branchouille pour bambins génération 2000 mélangée à la sauce Disney et sponsorisée par Amel Bent et comparses. Alors certes, Astérix, Obélix et les jeux de mots anachroniques qui vont avec (Grossebaf, Caraf, Cryptograf...) vivent toujours, les deux compères ont gardé leur caractère modeste et leur complicité capricieuse mais force est de constater qu'ils ne sont plus véritablement les héros de ce nouvel opus, la place d'honneur revenant à Goudurix, autour duquel se construit l'intrigue. Qui est-il ? Un jeun's, une caricature d'ado branché et glandeur qui ne sait rien faire de ses dix doigts à part envoyer des sms par pigeon portable. Ah...ah...ah... A trop tirer sur la corde de l'anachronisme, l'humour se brise. Le pire est à venir : le blondinet super fashion va apprendre au fil de son aventure les valeurs simples de la vie et en sortira grandi. Bref, ça pue la morale. Pourtant, ces valeurs sont l'essence-même du village gaulois, véhiculées depuis toujours pas la BD - plus par aspiration inconsciente de l'auteur que par volonté moralisatrice - et sont en partie responsables de son succès. Mais ici, la subtilité n'est plus à l'ordre du jour puisque chaque élément en rajoute une couche et les répliques ridiculement hilarantes - malgré elles - s'enchaînent au final. Disney et le nouveau millénaire sont passés par là, apportant tout de même un certain esthétisme dynamite qu'on aurait tort de dédaigner. Si aussi peu de choses parviennent à nous réjouir, alors non, vraiment, l'esprit d'Astérix n'est plus... Amen.

"Ce n'est pas la peur qui donne des ailes, c'est l'Amour !" Astérix + envolée violonistique

"Tu sais, un jour, un ami m'a dit que rien n'était impossible tant qu'on n'avait pas essayé !" Goudurix + envolée tel un Tarzan Scandinave

"La peur est faite pour éprouver notre courage." Panoramix, le sage a parlé...

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Je n'aime pas faire des dédicaces de pétasse (du genre "ptite dédicasssse a machine é truque" et plein de fautes d'orthographe) mais là, c'est inévitable, il me faut rendre hommage à mes théâtreuses préférées Clem, Christelle, Amandin (et Emmanuelle et Astrid, jamais là !) avec qui j'ai vu ce film et plein d'autres, avec qui j'ai partagé des prestations scéniques jouissives, orgasmiques même ! Les pauvres ont le courage de supporter mon rire absolument, comment dire... discret ! Merci les filles !

# Posté le samedi 26 août 2006 13:38

Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

Paris je t'aime

Paris je t'aime
N'y a-t-il pas de quoi rêver devant tant de grands noms réunis dans un seul film ? Et lorsqu'on est à peine chauvin, n'y a-t-il pas de quoi se précipiter dans les salles obscures à la seule connaissance du titre "Paris je t'aime" ? Paris et l'Amûûûûr unis pour le meilleur... et pour le pire. Of course, il est bien évident qu'il est impossible de réaliser 18 chef-d'oeuvres sur commande ! Alors certains courts font office d'erreurs de parcours : trois d'entre eux font l'ouverture si bien qu'il est difficile d'immerger dans un film dont la continuité nous échappe encore. Et puis les frères Coen posent leur film, simplement, dignement et font naître les premiers sentiments : le rire. La palette d'émotions s'élargit, petit à petit, les registres, les styles, les histoires varient mais n'ont que le plaisir d'aimer à nous apporter, aimer un homme, une femme, un fils, une créature... une ville. "Paris je t'aime", guide touristique ? Absolument pas, bien que chaque court s'ouvre sur un cliché du quartier, transition agréable, mais inutile. C'est d'ailleurs de ces images d'union dont on aurait pu se passer : l'ouverture et la fermeture cherchent à créer une sorte d'harmonie romantique mais n'ont que l'effet d'une bande-annonce télévisée. Il aurait suffit de laisser la parole aux réalisateurs...

MONTMARTRE **

Tâches ardues que se voit confiées Bruno Podalydès - ouvrir le film et filmer le quartier le plus touristique de Paris, et déjà sublimé par Jeunet... Contre toute attente, il se perd dans des rues inconnues pour chercher une place (galère que tout bon chauffeur parisien connaît) et par hasard rencontre l'amour. Simplicité est le mot qui sonne juste pour parler de ce court, ni mauvais, ni tout à fait marquant : est-ce parce que le spectateur n'est pas encore entré dans Paris ?

QUAIS DE SEINE *


Simplet et moralisateur, voici un court-métrage 100% ado ! Un petit jeune (trèèès mignon, sauf les boutons, hihihi !), ange parmi ses diables de copains, tombe amoureux d'une jolie musulmane portant le voile ; pseudo "choc des cultures" qui tourne au discours rabâché de la jeune fille sur son choix de porter le voile. Bien sûr, en ces temps de racisme et bla bla bla, cette petite mise au point est fort utile, mais tellement peu naturelle que le message ne passe pas. Très mimi, trop facile.

LE MARAIS
*

De l'amour ! On veut de l'amour ! Mais on aurait beau le chercher, on aurait du mal à le trouver dans le court de Van Sant. Décor et dialogues tristounets laissent une impression bien fade malgré la bonne prestation de Gaspard Ulliel...

TUILERIES ****

Voici le tournant du film, le premier rayon d'émotion qui nous illumine : c'est l'hilarité qui nous gagne. Steve Buscemi et sa gueule débarquent dans la station "Amélienne" des Tuileries et, en bon touriste terrorisé, se fait agresser sans avoir rien demandé. La caméra cherche les angles et les moindres recoins du visage de l'acteur et nous régale du moindre dialogue, du moindre geste... Bref, ça sent la maîtrise à plein nez.

LOIN DU 16e ***

Changement immédiat de registre avec le seul court-métrage qui sorte de Paris. Walter Salles filme... le métro. Ouah ! Que c'est excitant ! Bien sûr que derrière ce voyage dans les transports, il y a beaucoup plus ; c'est d'abord l'expression d'une routine quotidienne, solitaire et silencieuse, lot de nombres de banlieusards ; et c'est surtout l'histoire d'une jeune mère, immigrée, contrainte de laisser son fils dans une garderie glauque avant d'aller s'occuper d'un autre petit homme. La même chanson berce les deux bambins, mais le regard de la magnifique Catalina Sandino Moreno change, l'amour y brille ou s'évanouit.

PORTE DE CHOISY *

Les intellos crieront au génie "on ne comprend rien, c'est merveilleux !", mais il y a de quoi s'enfuir : ce ne sont heureusement que quelques minutes de perplexité, et c'est là qu'on découvre tout l'avantage d'un film collectif : les grands plaisirs sont courts (les blagues les plus courtes sont les meilleures) mais les tortures ne sont qu'un mauvais moment à passer ! "Porte de Choisy" en est une ; de l'amour ? Non ! Un bordel tarabiscoté et incompréhensible.

BASTILLE ***

Le manteau rouge de l'affiche, c'est elle ! C'est l'émouvante Miranda Richardson qui forme le couple du court d'Isabel Coixet avec Sergio Castellito ; celui-ci nous parle, nous interpelle avec son histoire touchante, même si elle n'est pas racontée avec une grande subtilité. Le récit est un chouïa trop explicatif mais convainc par sa sensibilité.

PLACE DES VICTOIRES
***

Le court de Nobuhiro Suwa nous apporte les premières larmes de ce "Paris, je t'aime"... ou bien les premiers bâillements... Intello jusqu'au bout des doigts, lent et métaphorique, il se dégage pourtant une véritable émotion de cette photographie sombre et du regard de Juliette Binoche ; et est-ce parce qu'il s'agit de Martin Combes – l'émouvant bambin de "Papa" - que la gorge se serre plus fort ? On oubliera, rien que pour cela, la bondieuserie finale.

TOUR EIFFEL ****

La contrainte du cahier des charges de "Paris je t'aime" a plus que réussi au réalisateur Sylvain Chomet, le fou des "Triplettes de Belleville" : obligé de tourner en prises de vues réelles, il se plie à l'urbanisme et au tourisme du quartier, mais ajoute sa petite touche d'originalité, de poésie, d'humour... PARFAIT. "Tour Eiffel" est un petit bijou et laisse présager le meilleur pour la suite...

Et la suite, vous l'aurez plus tard ! Je me dépêche de mettre en ligne cet article avant de voler vers l'Irlande (deux semaines sans cinéma, snif !) et j'espère faire un retour tonitruant !

Et bien sûr, je vais vous poser les questions de rigueur : quels sont vos courts (3 maximum), vos réalisateurs et vos acteurs préférés ? Partant pour un nouveau film sur le même concept ? Why not ?

# Posté le samedi 01 juillet 2006 19:15

APRIL SNOW

APRIL SNOW
Hey I'm back ! Mais ne rêvez point trop ! Cet article n'est autre qu'un oasis au milieu du désert ! Ces prochains jours, pour cause de spectacle de danse, de théâtre et surtout de BAC (maths, enseignement scientifique et français), je ne compte même pas avoir le temps de trouver l'inspiration dans les méandres de mon esprit ! Si en plus j'ai l'intention d'aller au cinéma, alors là...
La critique que je vous propose aujourd'hui est un petit miracle, une illumination en plein cours d'anglais, une divagation de ma plume. Ne m'en voulez pas en revanche si l'expression est moyenne ou si l'analyse est ridicule, d'autant qu'il faut avoir du courage pour s'attaquer à un film asiatique sans s'appeler Mike !

Il y a du "In the mood for love" dans cette histoire d'amour pudique : un petit air de déjà-vu nullement nuisible. N'y a-til pas chez ces deux amants trompés des petits airs de M. Chow et Mme Chan? N'y a-til pas un peu de Sancerre ??!! Ce pauvre Sancerre, dans le magnifique livre "la princesse de Clèves" (Madame de La Fayette) qui apprend peu de temps après la mort de son amante qu'elle le trompait : dans un monologue génial, le pauvre se plaint de ne savoir pour quelle raison pleurer. (C'est moi ou je suis légèrement obsédée par mon bac ???!!) Ce tiraillement entre le désespoir et la rancoeur est exprimé dans "April Snow" par le silence. Hur Jin-Ho le distille, observe ses protagonistes avec compassion et s'amuse par un exercice de style des plus consciencieux (qu'il finit par transcender) à rapprocher le couple dans le cadre par des reflets, des arrière-plans, jusqu'au superbe gros plan de la réunion, où la pudeur laisse place à la tendresse (Ah ! si les hommes pouvaient être aussi délicats !!!)
"April Snow", c'est aussi une émotion qui ne déborde jamais. Il y a cette scène magnifique (en photo) où Seo-Young ne peut plus contenir ses larmes, elles pèsent et pèsent mais elle ne peut pas éclater en sanglots en présence de son ami : elle sort alors de la voiture... et c'est l'explosion. Hur Jin-Ho place alors sa caméra ni trop près, ni trop loin pour atteindre l'état de grâce. Il n'y a qu'à s'incliner devant la poésie, rigoureuse et délicieusement subtile de ce bijou.
Pourtant, le film pourrait atteindre des dimensions supérieures si le dernier quart d'heure ne tournait pas au remplissage. Il ne suffit pas de s'éterniser sur des larmes pour émouvoir, il ne suffit pas de laisser le silence agir et il est inutile de s'attarder sur un concert qui s'amène comme un cheveu sur la soupe. On ne lui en tiendra pas rigueur car ce film est déjà une des merveilles de l'année et s'est solidement ancré dans mon top de l'année !

***


Voilà, modeste retour. J'espère un long commentaire de Mike, dois-je rêver ?!

# Posté le mercredi 31 mai 2006 16:40