Les acteurs
Avec son premier long-métrage "les corps impatients", Xavier Giannoli s'était fait remarquer grâce à ses deux acteurs Nicolas Duvauchelle et Laura Smet, chacun nominés pour le César du meilleur espoir. En réalité, ni l'un ni l'autre n'auraient mérité une récompense car tous deux ne jouent que sur la force de leur regard - que Laura Smet a tombant et triste, et Nicolas Duvauchelle noir et puissant. Dès qu'ils se mettent à parler, quelque chose pose problème : ils baragouinent. Si bien que l'on ne capte pas la moitié de leurs dialogues. En revanche, Marie Denarnaud, elle, s'épanouit devant une caméra qui capte toute son aura naturelle et sensuelle. Et au moins, elle articule.
Le sexe
Le sujet brûlant que le réalisateur a choisi pour son "coup d'essai" est pour le moins risqué. La maladie et ses répercussions sociales n'est pas forcément un thème éculé mais facilement plombant et larmoyant. Au fond, "les corps impatients", c'est l'histoire d'un couple qui se brise, un couple fragile et neuf que Giannoli nous présente sans tendresse et sans idéalisation aucune. La maladie s'immisce et s'impose comme une épreuve. Elle réunit et désunit. L'amie revient, l'amant s'éloigne. Un trio se forme, relativement banal, parfois prétexte à des scènes de cul gratuites. Car Giannoli a cette tendance un peu voyeuse, à savoir celle de ne pas s'arrêter à temps dans la surenchère de sexe, du sexe gratuit qui n'apporte rien, même pas l'empathie pour le désir flambant des protagonistes. On en vient même à se demander parfois si le sujet n'est pas prétexte au cul.
L'atmosphère
Fort heureusement, Giannoli a du talent et ça se voit à l'écran. En apparence, ses cadrages sont fouillis alors qu'ils cachent une vraie ingénuité, qui relèverait presque du génie. Le travail sur la photographie est soigné sans être léché et oscille entre la noirceur d'un cinéma sophistiqué et la froideur d'un documentaire. En témoigne ce plan, vers la fin du film, à l'hôpital, où Nicolas Duvauchelle est dans l'ombre et Laura Smet allongée sur son lit, dans la lumière. Métaphore ? Toujours est il que Giannoli a la pellicule malade, ce qui confère à son film une atmosphère pesante qui met mal à l'aise... parfois.
Le corps malade
« On est toujours seul, toujours. » dit Laura Smet. A qui la faute ? Si sa maladie la coupe du monde, doit-elle rendre pour seul responsable le rejet des autres ou se blâmer de sa parano impuissante ? La question est bien posée, et Giannoli n'y donne pas de réponse – qu'importe d'ailleurs puisque ce n'est pas le but – avec une fin évasive sur les rapports entre les personnages. Le maladie n'est hélas pas bien traitée dans sa chronologie laquelle est floue et ne fonctionne que par à coups. Bizarre, bizarre...
En résumé, un film qui frôle les trois étoiles mais qui doit se défaire de l'ambition « je suis la relève du cinéma français » pour mériter mieux. Un brin prétentieux.
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PS : J'ai mis plus de trois jours à pondre cette critique, mal écrite qui plus est, ça m'énerve !!! Faut vraiment que j'arrête de me prendre la tête... J'attends vos avis !
