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Jarhead - la fin de l'innocence

Jarhead - la fin de l'innocence
Pour parler de ce film, je dois d'abord établir un fait : jarhead est mon premier Sam Mendes comme mon premier "film de guerre". Ce qui veut dire que toutes les références aux autres films du genre qu'il peut y avoir dans celui de Sam Mendes, je ne les ai pas vues. Je ne saurais donc qualifier jarhead de chef-d'oeuvre, tout ce que je peux faire, c'est lui vanter d'immenses qualités.

Il y a tout d'abord les qualités banales, que l'on énonce toujours.

Jake Gyllenhaal est incontestablement un des acteurs du moment, déjà sensationnel en cow-boy homosexuel dans le secret de Brokeback Mountain, il transcende jarhead avec une brutalité et une sensibilité troublantes. Et bien entendu, les Oscars l'ont complètement oublié, ne lui laissant qu'un minable "meilleur second rôle" pour le film d'Ang Lee, où il n'est pas second rôle du tout. Bref, tout ça pour dire que Jake Gyllenhaal fait partie de ces acteurs à belle gueule qui éclatent à l'écran par leur passion, par leur rage et leur talent.
Autre acteur remarquable, cantonné dans les seconds rôles, Peter Sarsgaard, vu notamment dans "l'homme au masque de fer" et "la porte des secrets (on oubliera...) et quelques bons films. Il explose à l'écran avec fougue et frustration, lui qui a la réplique-clé du film "welcome to the Suck" qu'il n'emplit pas de fausse testostérone à la Rambo. Ne l’oubliez pas cet acteur, ne l'oubliez pas.

Et en général, on ajoute que la BO est géniale !!! Justement, la musique dynamite le film et accompagne les images avec énergie, pour que Attente ne soit pas Ennui. Toute la force du film est là, dans tout ce qui n'est pas fait, à savoir la guerre. Attendre infiniment que ce pour quoi on est là arrive est psychologiquement intenable ; on ne s'étonne pas alors que chez ces marines bodybuildés les fusibles sautent. Enfermés en plein désert, à tourner en rond, impuissants face à la guerre dont ils devraient être les héros, ils déambulent, s'emmerdent, se frustrent, se marrent... Bref, ils s'ennuient intensément !
"This is our labour : wait."

Arrive enfin ce qu'on pourrait appeler leur heure de gloire, le moment d'aller sur le terrain. Dans ce qu'on pourrait concevoir comme une troisième partie (la première étant l'entraînement et la deuxième l'attente), Sam Mendes nous offre des images presque surréalistes (serait-ce le style Mendes ?), dans la lumière des puits de pétrole en flammes. Un autre monde. Il aurait pu nous épargner tout de même le discours de Jamie Foxx dans un presque ultime instant confidences, éculé. Passons. Cet esthétisme presque faux et volontaire marque le contraste avec le retour au pays, comme si l'on venait de faire un voyage sur la planète Testostérone, un voyage hallucinatoire, avec un arrière-goût d'inachevé. Enfin, Sam Mendes nous livre l'apothéose de la frustration : la guerre est terminée, leurs armes n'ont pas servi. Tout éclate dans une séquence d'une force décuplée par le son et la lumière enflammée. Enorme.
"4 days, 4 hours and 1 minute : this was my war."

****

Comment conclure ?
J'ai adoré ce film, et son premier mérite est de me donner envie de voir la filmographie de Sam Mendes (pas trop dur, il me reste 2 films !) et de regarder d'urgence les must du genre.

J'espère juste ne pas avoir écrit un amas de conneries !
# Posté le mardi 07 février 2006 10:07
Modifié le mardi 07 février 2006 11:02

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