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Le fantôme de l'opéra

Le fantôme de l'opéra
Il y avait plein de choses prometteuses à l'origine du film : une histoire sublime, gothique à souhait, un univers renversant de couleurs et la musique métal/opéra culte d'Andrew Lloyd Webber. Seulement voilà, Joel Schumacher n'a pas pris assez de distance par rapport à la comédie musicale qu'il a remakée. Il aurait pu faire mieux - tellement mieux ! – en se détachant de la musique et des conventions de la scène pour réaliser un film beaucoup plus sensuel et à fleur de peu en ne gardant que quelques morceaux. Il aurait même pu en faire un film plus théâtral et grandiloquent, plus déchaîné, bref, il aurait pu tout faire plutôt que de se contenter de restituer tout l'univers désuet et kitschounet de l'original. Quand les acteurs vont-ils donc s'arrêter de s'époumoner ??? Même à l'opéra, ils chantent moins ! Pendant plus de 2 heures, autant de musique remplit le chou et laisse froid quant à la magnifique histoire. En effet, toute la passion s'évanouit dans la pompe et le faste de l'ensemble auquel Joel Schumacher ne donne aucun souffle avec sa mise en scène relativement plate, ni trop fouillis, ni vraiment énergique. Le réalisateur a l'ambition d'un Tim Burton pour son esthétisme et d'un Baz Lurhmann pour sa folie du spectacle, mais n'arrive pas à leur niveau.
Alors comment se fait-il que malgré tout, le film se laisse voir gentiment ? Comme souvent au cinéma, les images font illusion. Les décors et costumes sont d'une divine beauté, très travaillés, colorés et riches ; c'est un véritable régal visuel, avec une petite objection cependant sur l'antre du fantôme, à la limite du décor de fête forraine. Bref, dans cette déferlante de dorures, les yeux se délectent quand les oreilles grésillent. Mieux valait donc aller voir le spectacle, car le film n'apporte rien de nouveau. Paradoxalement, lourd mais plaisant.

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Un petit anachronisme s'est glissé dans le film. Dans son désir de reconstituer les coulisses de l'opéra, Joel Schumacher n'a pas voulu oublier la danse classique. UN plan montre des petons de danseuse qui met de la colophane (résine de pin collante qui permet de ne pas glisser) sous ses pointes. Jolie image, somme toute, si l'on oublie qu'à l'époque les pointes ne ressemblaient pas à ça, elles étaient beaucoup moins souples et même les étoiles ne pouvaient monter correctement dessus. Un détail, je vous l'accorde.

Alors, selon moi, comment aurait-il fallu adapter "le fantôme de l'opéra"?Une chose est sûre : il est indispensable de garder au moins la chanson-phare "the phantom of the opera", ne serait-ce que dans le générique. J'ai découvert ce morceau grâce à Nightwish et je comprenais les paroles différemment du sens général : au fond, on peut interpréter les paroles de deux façons différentes. Concrètement, il s'agit du monstre humain qui terrifie le bâtiment de l'opéra, mais n'est-ce pas aussi la musique personnifiée qui hante l'esprit de Christine ? Une présence irrépressible, douloureuse et merveilleuse. Seule dans sa loge, face à son miroir, Christine entend des voix, alors que derrière elle, une ombre s'approche et la saisit : c'est le fantôme. Classique. Christine ne peut se défaire de l'étreinte, il l'emmène dans son antre, elle se débat, le tout filmé d'une manière très théâtral, en évitant éventuellement les dos. Ainsi, le fantôme serait beaucoup plus inquiétant, plus violent, comme une présence invisible dans le dos de la jeune fille. Cliché ? Oh ! Certainement ! Mais tellement plus fort qu'une simple descente en chantant dans les souterrains de l'opéra. Participerait également à l'embrasement de l'histoire la profondeur des personnages, qui sont selon moi trop fades dans le film. Christine est vraiment trop difficile à cerner, elle est voulue timide, elle n'est qu'inexpressive ; si elle était plus torturée, changeante, à la fois maladroite et fougueuse, le film serait-il plus fort ? De même, il est impératif de changer l'image du couple, vraiment trop niais pour que l'on s'y attache. Etant une adoratrice du "Roméo + Juliette" de Luhrmann, je donnerais au couple une image plus passionnelle, de sorte que le fantôme soit réellement perçu comme un parasite. J'aimerais également ajouter plus de danse classique, et finalement jouer sur l'anachronisme des pointes. "Vous chantiez ? Eh bien dansez maintenant !"
Une chose est certaine : j'adore l'imagerie gothique de ce film. L'escapade au cimetière m'a donné des frissons. Mais là encore, je me serais détachée de la musique, plus que tout parasite dans ce moment qui devrait être silencieux, recueilli. Croyez-en ma petite expérience des cimetières, le temps semble suspendu chez les morts ! Bon, j'arrête mon petit délire macabre !

Voilà, ce ne sont que les suggestions d'une pauvre ado rêveuse (donc ne pas s'affoler des clichés) à ne pas prendre au sérieux !
# Posté le mardi 24 janvier 2006 09:23

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