Une jeune fille est assise sur une balançoire en mouvement au-dessus de l'eau. Un vieillard vise de son arc une peinture bouddha peinte sur la coque du chalutier auquel est accrochée la balançoire. Trois flèches frôlent la jeune fille. Etrange rite... qui permet de lire l'avenir. Telle est la poésie de Kim Ki-Duk. Follement dépaysant, le film est une ôde à l'amour : à sa façon, le cinéaste réinvente l'amour adolescent, la naissance du désir. En silence, toujours, il observe les changements de l'enfant qui devient femme parce que son coeur bat. Les contacts physiques deviennent difficiles, et la présence de l'homme, même celui qui l'a élevée, est désagréable. Le vieillard représente la figure paternel qui voit d'un mauvais oeil les attentions qu'obtient sa fille, mais Kim Ki-Duk pousse son histoire jusqu'au complexe d'Oedipe. Pas d'amour maternel ici. Des hommes, partout, mais deux seuls comptent dans le coeur de la jeune fille : le père et le jeune homme. Tout ça filmé avec beaucoup de poésie, de justesse, dans la grâce des visages et des regards.
Autre symbole important : l'arc. Le mâle dans toute son effrayante puissance. Il repousse les prétendants car avant tout, c'est une arme redoutable. Mais très vite, il prend un autre sens. Ne dit-on pas "bander son arc"? A ce titre, le film fait un détour par l'érotisme fantastique, dans un final plus que jamais symbolique... et en ce sens, très bizarre. Le problème, c'est qu'en voulant livrer son deuxième film annuel, Kim Ki-Duk ne trouve pas matière à remplir 1h30 et traîne en longueur vers la fin, jouant sur la beauté des images et de la musique pour combler un trou scénaristique.
Le film n'est donc destiné qu'à un public initié, prévenu, prêt à se laisser emporter par une certaine réflexion. Intellectuel ? Un peu. Un film à méditer.
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La fin m'a laissée dubitative. Kim Ki-Duk pousse peut-être les choses trop loin, non ?
A vos commentaires argumentés...
