David Cronenberg aime la violence, mais il cherche avant toute chose à la comprendre, sans jamais la sublimer. C'est pourquoi "a history of violence" fait l'effet d'un coup de poing : la violence y est naturelle et froide, surgissant sans qu'on s'y attende. Nul besoin de gunshots, de fusillades interminables sur fond de musique électro... Silence. Un coup de poing, une riposte immédiate. Du sang. Cette sobriété est d'une efficacité monstrueuse, d'autant que, bien que le titre puisse laisser présager le contraire, "a history of violence" n'est pas une série de combats à clouer le spectateur sur place sans lui laisser le temps de s'intéresser aux personnages. Ici, le héros est ambigu. Viggo Mortensen lui donne une intensité folle par son regard changeant, parfois tellement rassurant que la happy end ne peut que nous réjouir. Malheureusement, le silence, qui avait été une arme terriblement violente pendant tout le film, n'est plus de rigueur là où il aurait eu une forte intensité dramatique, c'est-à-dire à la fin. Les violons de l'oscarisé Howard Shore auraient pu se taire. Qu'importe. La puissance des regards nous fait oublier ce moindre défaut et termine en beauté cette descente aux enfers.
***
