Un conseil primordial pour apprécier le film : se détacher du livre, voire l'oublier. En effet, dès les premières images, on est prévenus : Mike Newell ne s'embarrasse pas d'une habituelle introduction, éternellement identique, chez les sadiques Dursley. Pire, il supprime plusieurs personnages (exit Ludo Verpey et Dobby) ! Le début va d'ailleurs tellement vite qu'il en devient dangereux : attention à la déception in medias res ! En revanche, le ton est donné : le premier plan, effrayant, suffirait à lui seul à faire fuir la moitié des bambins de la salle. Si une interdiction aux moins de 13 ans aux Etats-Unis est un peu abusive, une restriction pour les moins de 10 ans aurait été nécessaire en France, car ce quatrième volet se veut plus sombre, plus fort et moins enfantin. C'est réussi. Désormais, l'humour est destiné aux plus âgés, c'est-à-dire à nos chers adolescents (vive l'auto-dérision !). En effet, si Mike Newell délaisse plein de détails pré-Poudlard, c'est pour mieux s'attarder sur le bal. On retrouve bien là le côté comédie british du réalisateur de "quatre mariages et un enterrement". Ainsi, entre deux séquences d'action époustouflantes dans de somptueux décors, on se surprend à éclater de rire aux premiers émois difficiles de Harry. Celui-ci grandit, tout comme son interprète qui, il est vrai, n'a pas la carrure d'un ado de 14 ans. Mais là n'est pas le plus gênant. Daniel Radcliffe grandit mais n'évolue hélas pas dans son jeu et frise parfois le ridicule, notamment lorsqu'il doit se mettre à pleurer après le retour de Voldemort. D'un autre côté, il s'agit là de la séquence la plus ratée du film puisqu'elle se veut émouvante alors qu'elle est parodique : violons, cris ("aaaahhh!!! my son!!!!"), pleurs, visages tristes... la totale. Fort heureusement, juste avant, Mike Newell nous a offert une séquence digne de "shining", en nous égarant dans un labyrinthe spectaculaire, terrifiant et plein de surprises...
Ensemble mes frères, poussons un grand "ouf" de soulagement : Mike Newell a, sinon sublimé, au moins respecté le best-seller, tout en apportant sa touche personnelle. Et c'est à ce niveau que l'on attend la série des Harry Potter : comment un cinéaste réussira à s'approprier l'oeuvre universelle de J.K. Rowling, quelle en sera sa propre vision, voilà ce qui rend l'adaptation cinématographique intéressante. Plus qu'un divertissement, plus qu'un défi, ce peut-être, pour certains, une façon d'affirmer le style qu'ils ont commencé à infiltrer dans leurs premiers films. Chris Columbus et Mike Newell n'ont plus leurs preuves à faire, Alfonso Cuaron, si. Et nul doute que le prochain, l'inconnu David Yates, devra les faire avec le géant qu'est Harry Potter...
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PS : Mon rêve ? Harry Potter réalisé par Jean-Pierre Jeunet ou Tim Burton ? Ca pourrait donner une dimension intéressante au film... D'un autre côté, ça serait peut-être tomber bien bas dans l'industrie hollywoodienne...
