Nous sommes seuls, nous sommes des coeurs qui recherchent vainement ceux des autres... tel est le constat noir que Alain Resnais fait, avec son nouveau film, de l'humain en général. Ses personnages, qui se croisent plus ou moins selon le hasard, paraissent tous dans le besoin de combler un vide : que ce soit Isabelle Carré qui cherche un homme dans les petites annonces, ou André Dussollier qui patauge dans une relation ambigue (et donc toute en secrets et sous-entendus) avec Sabine Azéma, que ce soit Laura Morante qui tente d'entretenir son couple déjà mort avec Lambert Wilson, ou encore Pierre Arditi qui, vivant seul avec un père gâteux, porte le poids du silence et de la retenue de trop de chagrins... tous appellent à l'aide. Aide qu'ils ne peuvent recevoir de leurs parents, dont l'absence se fait ressentir comme une présence, un fardeau ; à l'écran, on ne les voit jamais, mentionnés seulement ou hors champ (Claude Rich). Les personnages sont ainsi d'autant plus seuls.
Mélo tout ça ? Cela pourrait l'être, s'il n'y avait la mise en scène d'Alain Resnais. Bien qu'il n'évite pas parfois les procédés lourds et les quelques erreurs de directions d'acteurs, il choisit une mise en scène qui se veut sobre sans pour autant négliger la recherche (pas au sens masturbatoire de l'élite française !). Ainsi, on retiendra surtout les dernières images, à la fois symboliques et émouvantes, illustrant notre solitude pesante : nous sommes seuls en scènes, dans la lumière. Selon les personnages, cette lumière est ressentie différemment. Pour les uns, elle met l'accent sur l'ombre, pour d'autres, c'est la lumière de Dieu (la religion, un remède à la solitude ?)... A chacun son vécu dans la même solitude.
On ressort de ce film le coeur chaud et glacé à la fois, affectés par un portrait si pessimiste, à peine nuancé par des touches d'espoir, la lumière.
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En espérant ne pas avoir fait de contresens. On ne sait jamais, vu que de nos jours, c'est le règne de la connerie... et que je ne sais toujours pas dans quel camp je me situe ! Indulgence, please...
Mention spéciale à Arditi, roi de l'émotion retenue prête à exploser. L'état de grâce...