Tout d'abord, étant une littéraire, je commencerais par préciser que les chiffres ne veulent rien dire, les pourcentages un peu plus, et encore... Rappelons que l'an dernier fut une année record avec une affluence exceptionnelle des spectateurs dans les salles de cinéma, sûrement dûe à un certain film-surprise-phénomène, c'est-à-dire "les choristes". Ce qui signifie que si la fréquentation avait été plus faible l'an dernier, le pourcentage de diminution aurait été moins accablant (vous me suivez???). Le 14% aurait pu donc être un 10% voire un 8%.
Certains mettent en cause le trop grand nombre de sorties. Certes, cela nuit au nombre d'entrées des films mais certainement pas à la fréquentation des salles en général. Les gens ayant un plus large choix vont voir des films beaucoup plus variés et les gros succès font donc beaucoup moins d'entrées que les succès d'antan. Tout est relatif.
On pourrait mettre en cause le prix de la séance. Imaginez-vous dépenser le quart de votre argent de poche pour aller voir un film que vous n'êtes même pas sûr d'aimer ! Bien sûr, je parle surtout de Paris à ce niveau-là car j'ai la chance de payer ma place 5 euros mais y allant 2 fois par semaine, ça grimpe vite ! Il y a de quoi être nostalgique du temps du cinéma, art populaire qui était accesible à tout le monde et il n'est donc pas étonnant que le plus grand succès français date des années 60 avec "la grande vadrouille". Le cinéma trop cher ? Oui.
Personnellement, si je ne vais pas aussi souvent au cinéma que je le voudrais, c'est parce que je n'ai pas le temps (pourtant en L, on n'est pas franchement surchargé de boulot...). Daniel Pennac dirait que ce n'est pas une excuse et l'on pourrait adapter cette phrase extrait de Comme un roman "le temps de lire, comme le temps d'aimer, dilate le temps de vivre" en remplaçant "lire" par "aller au cinéma" !
Tout ça pour dire qu'il n'y a pas de quoi s'affoler quant à cette baisse de fréquentation. Les gens ne passent plus leur vie au cinéma car ils ont d'autres occupations, certes plus bêtes et casanières, et on ne peut pas leur en vouloir. Soit, ils préfèrent la télé, l'ordinateur ou le portable, tant pis, ils ne savent pas ce qu'ils perdent.
L'an dernier, j'ai fait une courte rédaction à ce sujet:
"Je suis choquée de vous entendre dire qu'un film peut être vu à la télévision ! Pourquoi, d'après vous, le cinéma a-t-il été inventé ? Sa portée est universelle, son atmosphère particulière, unique, magique ! Lorsque le noir se fait, il n'y a plus de honte à se laisser porter par l'émotion. Tout le monde se tait, tout le monde fixe l'écran, tout le monde s'évade. La larme sur la joue d'un acteur prend des proportions gigantesques et l'effroi, le rire, le chagrin grandissent dans la salle obscure qui emporte tous les spectateurs avec elle. Pouvez-vous prétendre avoir jamais ressenti pareils sentiments devant votre téléviseur ? Non. L'émoi est proportionnel à la taille de l'écran. Tout simplement."
PS : Navrée du piètre style de cet article, je perds tout mon "talent" en ce moment !




