Critiquons un chef-d'oeuvre (2): Star Wars III

Critiquons un chef-d'oeuvre (2): Star Wars III
Voici la critique officielle et démagogue :
Il est dommage de constater que George Lucas n'a toujours pas appris à construire une continuité dans sa narration (je sais pas vraiment si ça veut dire ce que j'ai en tête mais bon, ça fait bien, non?) ni à écrire des dialogues convenables. Mais qu'importe après tout ? Les fans sont habitués Et des fans, il en a ! Avec sa cultissime saga Star Wars, George Lucas a fait des millions d'adeptes à travers le monde qui attendaient avec une sorte d'impatience mêlée d'angoisse et de tristesse ce dernier volet. Autant dire qu'il n'avait pas droit à l'erreur.
Oui, cet ultime épisode est réussi ; non, il ne risque pas de décevoir les fans. Pour la simple et bonne raison que George Lucas est resté le même : il utilise toujours des transitions archaïques pour relier deux séquences au visuel et aux effets spéciaux époustouflants, séquences qu'il ne termine d'ailleurs presque jamais ; il écrit encore des dialogues désastreux, filme l'amour avec un romantisme exacerbé et insupportable tout en bénéficiant d'un scénario très riche. La critique du monde contemporain, de la corruption et de la lutte du pouvoir est une évidence mais elle est admirablement dissimulée dans la grandiloquence des images qui en font un film tous publics. Plusieurs lectures rendent donc ce troisième volet (ou sixième, qu'importe) intéressant.
Encore plus que le film lui-même, la réussite du final était primordiale. A ce niveau, George Lucas n'a pas failli et l'ultime affrontement est d'ores et déjà une scène d'anthologie. Menant le suspens grâce à l'alternance entre les deux combats, il rassasie la soif du spectateur curieux, impatient de comprendre la descente aux enfers de Anakin Skywalker. Il sait qu'après ça le spectateur n'aura pas envie de quitter la salle, alors qu'à cela ne tienne ! Il fait traîner le final en longueur, avec des images sur fond de violons dont on aurait pu se passer. Mais l'essentiel est là : George Lucas a tenu ses promesses !

Reformulation : "les fans, vous allez adorer, mais perso j'ai ri à plusieurs reprises !"
Où est le génie là-dedans? Le génie, c'est de savoir gérer les effets spéciaux comme personne ! Mais il serait temps de revoir les dialogues (en plus, quelle horreur, je n'ai pas eu d'autre choix que de le voir en VF !!), ceux de la petite bébête verte en particulier, alias Maître Yoda. A ce niveau, rien ne vaut quand même les scènes d'amour entre Natalie Portman et Haiden Christensen, bien moins soignées que les autres, avec une intrerprétation à peine crédible. On voit bien là mon côté anti-amour et anti-violons ! Et puis George Lucas ne termine jamais ses séquences!!! Il lance des supers batailles et soudain, n'ayant plus d'idée chorégraphique, il se rabat sur le conseil politique (point intéressant du scénario, je n'ai pas menti dans ma critique).
Je sais qu'il va être facile de me contredire étant donné que je n'ai pas vu tous les films. J'ai regardé d'un oeil distrait le 6 et j'ai ri du peu que j'ai vu. Tout d'abord, il y a le gros méchant en forme de patate germée, avec une grosse voix ; et puis il y a les sortes de minimoys, les petites peluches aux voix gonflées à l'hélium qui auraient plus leur place dans "labyrinthe" ou "dark crystal" ; et enfin, le top du top, c'est le banquet final, digne des gaulois d'Astérix !!!! Je crois que c'est pour toutes ces raisons que j'ai adoré H2G2, une parodie jubilatoire des divers films de science-fiction (notamment les gros monstres-patates-germées dont la poésie fait office de torture !!!! Mwahahah! Pur hommage à George Lucas!)

# Posté le dimanche 18 décembre 2005 07:43

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00

La moustache

La moustache
Emmanuel Carrère, écrivain, adapte ici son propre roman "la moustache". Emmanuel Carrère, écrivain et non cinéaste, ce qui explique le fourmillement d'influences diverses de réalisateurs tels que Lynch ou Kubrick dans son film. (En vérité, je fais référence à l'incompréhensible "mulholland drive" et à "eyes wide shut" que je n'ai pas vu... pitoyable comme je joue la cultivée !!!) Normal de s'inspirer des plus grands pour commencer. Seulement, lorsque cela s'apparente à du foutage de gueule, il y a de quoi être énervé. Enervé d'être déçu. Car malgré tout, "la moustache" démarre bien. Cette indifférence troublante suscite de nombreuses interrogations, la folie est palpable et l'histoire crédible. Mais contrairement à "Lemming" par exemple qui partait de rien pour arriver à beaucoup, "la moustache" part d'un synopsis alléchant et ne développe rien. Emmanuel Carrère se contente de perdre le spectateur dans une bouillie incompréhensible. Résultat : on s'ennuie. Au pire, on dort. Bref, un film inutile.
D'autant plus que j'ai lu une explication intéressante sur un forum : tout le film serait le cauchemar de Vincent Lindon. Vous pouvez m'expliquer alors l'intérêt du film quand on a pas l'explication en tête ??

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A vos commentaires... et argumentés, s'il-vous-plaît !

# Posté le samedi 17 décembre 2005 13:56

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00

Caché

Caché
Je voulais instaurer une logique dans l'organisation de mon blog, mais finalement ça se révèle être n'importe quoi, alors bon... tant pis. Je fais les choses au gré de mon "inspiration" (!!!)

Une chose est certaine : '"Caché" en agacera plus d'un. Ne vous fiez pas au synopsis qui annonce un thriller façon Hollywood, vous seriez surpris de découvrir qu'il s'agit d'un véritable film d'auteur, un pur et dur.
Rappelons pour commencer que "caché" a reçu le prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes. Si ce pris est amplement mérité, il est certain que le prix du scénario aurait laissé perplexe plus d'un cinéphile. En réalité, il ne se passe pas grand chose pendant les deux heures mais le suspens est tellement bien entretenu qu'il n'y a pas de temps morts. Michael Haneke s'amuse juste à nous faire peur avec un interminable premier plan, fixe et immobile (à différencier) où le générique s'inscrit lentement en caractères blancs dans un silence insoutenable. Bonne sieste en perspective ? Non, au contraire, dormir risque d'être difficile après un tel choc. En effet, "caché" contient sa séquence culte, terrible et traumatisante, rivalisant avec le récent "Entre ses mains" (vu l'excellence de ce dernier, c'est dire si la séquence est magistrale !)... A la manière de Hitchcock avec "les oiseaux", Haneke se défait d'une quelconque musique parasite, lui préférant le silence pesant, source principale de tension.
Là où le bât blesse, c'est que la fin est...comment dire... il n'y a pas de fin. On voulait un coupable, on en a plusieurs et aucun à la fois. Tant pis, à nous de choisir. Mais une fois notre idée faite, Haneke s'amuse une fois de plus à déranger le spectateur avec un ultime plan, sorte d'épanadiplose dans la manière (la question qui tue : qu'est-ce qu'une épanadiplose ? Précipitez-vous sur "un éléphant ça trompe énormément pour avoir la réponse !) et nous laisser sortir de la salle avec des milliers de points d'interrogation dans le crâne. Nul doute que ça peut faire un sympathique sujet de conversation mais on aurait pu se passer de cette chute, terme à prendre au sens propre comme au sens figuré.
Malgré tout, "caché" est un film qui prend aux tripes.

***

Appel aux commentaires : donnez-moi votre interprétation de la fin (si vous avez vu le film, ça va de soi)
Je n'ai pas réussi à déterminer quel était le coupable mais finalement, ça n'est pas gênant puisque cette année, le génial "les âmes grises" n'en désigne pas non plus. Mais ce p***** de dernier plan m'intrigue. Ce que j'ai compris, c'est que le coupable n'a pas été arrêté et qu'il s'agit d'une nouvelle vidéo. Je m'attendais d'ailleurs à ce qu'à la fin du générique, l'image s'arrête puis revienne en arrière comme si les protagonistes rembobinaient la cassette. Après tout, ça aurait été génial comme fin, manipulatrice à souhait, désireuse de voir les spectateurs halluciner devant le retournement scénaristique de dernière minute... D'autres ont cru que ce dernier plan désignait le coupable en la personne du fils. Mouais, pas convaincue...
Et vous???

# Posté le samedi 17 décembre 2005 13:41

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:01

Charlie et la chocolaterie

Charlie et la chocolaterie
J'ai beaucoup de mal à exprimer mon avis dès qu'il s'agit d'un film de Burton car c'est souvent répétitif !! Merveilleux, magnifique, etc... Alors voici le début miraculeux d'une critique d'un film de génie...

Bon, Burton, on le connaît, il a ses fans (nombreux) et il pourrait se contenter de faire toujours la même chose. Il nous avait surpris avec "Big Fish" et il récidive avec "Charlie et la chocolaterie". Et c'est tout aussi délicieux...
"Charlie et la chocolaterie", c'est THE événement de l'été attendu avec impatience par tous les gourmands. Le problème, c'est que maintenant que Burton a la cote, on a un peu peur qu'il en profite pour enchaîner les échecs. "Charlie..." est un film de commande, oui, mais adapté du livre de Roald Dahl que Burton a lu et adoré. (Il avait déjà produit "James et la pêche géante" du même auteur, réalisé par Henry Selick, celui-là même qui a fait "l'étrange Noël..." ; la boucle est bouclée) Il n'y avait que lui pour se lancer dans cette folie... et nous emporter avec lui.
A la base, il y a un livre pour enfants ; Burton en fait un film délicieusement mordant, exagérant le trait avec plus de force que le livre, et devient une critique éclatante de la société et de l'éducation. Et c'est là que la touche burtonnienne se trouve, dans cette obsession systématique pour l'enfance. A tel point que Burton a fait une petite infidélité (parmi les très rares) à Roald Dahl en inventant un passé au personnage hallucinatoire de Willy Wonka, interprété par un Johnny Depp une fois de plus grandiose. L'acteur fétiche du réalisateur compose son personnage comme un musicien. Des idées et un brin d'influences et le tour est joué !


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# Posté le jeudi 15 décembre 2005 14:17

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00

Papa

Papa
On connaissait le Maurice Barthélémy à la renommée délirante au sein des Robins des Bois (dont je suis fanaaaaaaaaaa), réputation à laquelle il n'avait pas failli pour son premier passage derrière la caméra avec "Casablance driver". C'est avec sa deuxième réalisation qu'il nous surprend : "Papa" est un bijou d'émotion retenue. Cette histoire tragique est traitée avec délicatesse : ni cris, ni torrents de larmes. Jamais le drame n'est grossièrement mis en paroles, ce qui fait de "papa" un film peu bavard mais néanmoins naturel ; la vie, la vraie, avec ses silences, est devant nos yeux, rien n'est joué, rien n'est faux. Les acteurs y ont leur mérite. On ne pouvait rêver meilleur papa que Alain Chabat dont l'interprétation tout en finesse entre grimaces et intériorisation est parfaite. Son personnage rappelle le mythe du clown : derrière le rire, les larmes. C'est ainsi que l'on pourrait résumer le film. Pendant une heure, on ne sait pas où l'on va, ce qui s'est passé et se passera mais on rit. Puis, sur un unique plan (de génie), la gorge se noue et l'émotion atteint le spectateur. Simple mais beau.

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# Posté le jeudi 15 décembre 2005 13:35

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00