Harry Potter bis

Harry Potter bis
Voici une preuve en images du jeu absolument... merveilleux de Daniel Radcliffe. Rions, mes frères ! N'a-t-il pas l'air lui-même d'être explosé de rire ? Avouons quand même qu'il n'est pas facile de jouer avec pour seul décor un fond vert, Star Wars nous l'a bien prouvé. Mais ce n'est pas une excuse...
Et lorsque l'on voit que l'acteur est nominé aux Critics' Choice Awards dans la catégorie du meilleur jeune acteur, il y a de quoi s'inquiéter... Deux possibilités : soit les autres jeunes acteurs sont encore pire, d'où une nomination par défaut, soit la folie autour du phénomène Harry Potter aveugle les critiques. A votre avis...?

# Posté le mercredi 21 décembre 2005 14:03

Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

Harry Potter et la coupe de feu

Harry Potter et la coupe de feu
Regardons un peu en arrière... Le premier Harry Potter, celui de tous les dangers, a battu à l'époque des records de budget et d'entrées, sans pour autant faire d'étincelles cinématographiques ou encore révéler de merveilleux jeunes acteurs ; le second, "Harry Potter et la chambre des secrets", du même Chris Columbus, a battu de nouveaux records de budget et reste à ce jour l'adaptation la plus réussie bien que très propre ; pour "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban", les fans ont dû attendre plus longtemps avant de découvrir le massacre d'Alfonso Cuaron, délaissant touts ces petits détails fascinants pour se concentrer sur une action pauvre. Enfin arrive "Harry Potter et la coupe de feu. Le plus grand défi potterien à ce jour : adapter 650 pages riches en un seul film. On imagine d'ici le scénariste Steve Kloves s'arracher les cheveux, relisant encore et encore le pavé afin d'y déceler les sous-intrigues inutiles pour finir conspué par tous les accros du livre. Triste récompense !
Un conseil primordial pour apprécier le film : se détacher du livre, voire l'oublier. En effet, dès les premières images, on est prévenus : Mike Newell ne s'embarrasse pas d'une habituelle introduction, éternellement identique, chez les sadiques Dursley. Pire, il supprime plusieurs personnages (exit Ludo Verpey et Dobby) ! Le début va d'ailleurs tellement vite qu'il en devient dangereux : attention à la déception in medias res ! En revanche, le ton est donné : le premier plan, effrayant, suffirait à lui seul à faire fuir la moitié des bambins de la salle. Si une interdiction aux moins de 13 ans aux Etats-Unis est un peu abusive, une restriction pour les moins de 10 ans aurait été nécessaire en France, car ce quatrième volet se veut plus sombre, plus fort et moins enfantin. C'est réussi. Désormais, l'humour est destiné aux plus âgés, c'est-à-dire à nos chers adolescents (vive l'auto-dérision !). En effet, si Mike Newell délaisse plein de détails pré-Poudlard, c'est pour mieux s'attarder sur le bal. On retrouve bien là le côté comédie british du réalisateur de "quatre mariages et un enterrement". Ainsi, entre deux séquences d'action époustouflantes dans de somptueux décors, on se surprend à éclater de rire aux premiers émois difficiles de Harry. Celui-ci grandit, tout comme son interprète qui, il est vrai, n'a pas la carrure d'un ado de 14 ans. Mais là n'est pas le plus gênant. Daniel Radcliffe grandit mais n'évolue hélas pas dans son jeu et frise parfois le ridicule, notamment lorsqu'il doit se mettre à pleurer après le retour de Voldemort. D'un autre côté, il s'agit là de la séquence la plus ratée du film puisqu'elle se veut émouvante alors qu'elle est parodique : violons, cris ("aaaahhh!!! my son!!!!"), pleurs, visages tristes... la totale. Fort heureusement, juste avant, Mike Newell nous a offert une séquence digne de "shining", en nous égarant dans un labyrinthe spectaculaire, terrifiant et plein de surprises...
Ensemble mes frères, poussons un grand "ouf" de soulagement : Mike Newell a, sinon sublimé, au moins respecté le best-seller, tout en apportant sa touche personnelle. Et c'est à ce niveau que l'on attend la série des Harry Potter : comment un cinéaste réussira à s'approprier l'oeuvre universelle de J.K. Rowling, quelle en sera sa propre vision, voilà ce qui rend l'adaptation cinématographique intéressante. Plus qu'un divertissement, plus qu'un défi, ce peut-être, pour certains, une façon d'affirmer le style qu'ils ont commencé à infiltrer dans leurs premiers films. Chris Columbus et Mike Newell n'ont plus leurs preuves à faire, Alfonso Cuaron, si. Et nul doute que le prochain, l'inconnu David Yates, devra les faire avec le géant qu'est Harry Potter...

***

PS : Mon rêve ? Harry Potter réalisé par Jean-Pierre Jeunet ou Tim Burton ? Ca pourrait donner une dimension intéressante au film... D'un autre côté, ça serait peut-être tomber bien bas dans l'industrie hollywoodienne...

# Posté le mercredi 21 décembre 2005 13:55

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00

Concert de Tryo

Concert de Tryo
8 Décembre 2005, Le Zénith :

Qu'il est bon de constater que des artistes capables de remplir 4 Zéniths savent encore rester humbles et généreux ! 10 ans que Tryo est né pour donner du bonheur à un public de plus en plus grand, amoureux des voix harmonieuses de Guizmo, Mali et Manu et des rythmes du discret Danielito. On dit que vieillesse apporte sagesse, mais hélas pas dans le show-buisiness. Le quator Tryo fait exception à la règle. Pour son troisième et avant-dernier Zénith, le groupe s'est montré puissant, communicatif et dévoué à toutes les formes d'art. Sur scène, Manu, Guizmo, Mali et Danielito ne sont pas seuls : ils sont accompagnés de celui à qui ils doivent tout, Totor, d'un trio de cuivres, d'un violoniste et d'un violoncelliste, ainsi que d'acrobates. La mise en scène, signée Mali, fait preuve à la fois d'humour et de sensibilité, offerte sans peur à un public venu en masse applaudir le groupe. Le concert débute de façon surprenante. Comme toujours, le noir se fait, le public s'époumone et la lumière se fait enfin sur les premiers accords d'une chanson du célèbre répertoire des artistes. Des silhouettes apparaissent sur scène. Surprise ! Ce n'est que du carton ! Les vrais musiciens, ceux de chair et de sang, sont là où on ne les attendait pas, c'est-à-dire dans les gradins ! De la fosse, les fans ne voient que quatre ballons lumineux flotter et se déplacer lentement en musique, frustrés de ne pouvoir les voir de plus près ; ils ne peuvent que chanter à tue-tête les airs du medley, et cela pendant 1/4 d'heure. Enfin, le quator arrive sur scène et les choses sérieuses commencent. Les chansons s'enchaînent, comme dans un concert traditionnel. Traditionnel ? Ah non ! Tryo n'est pas un groupe comme les autres ! Il COMMUNIQUE. Il excite le public avec des vannes lancées quand il le faut : "sérieux, si vous pouviez faire un peu moins de bruit parce que y a les voisins qui nous menacent, ils en peuvent plus, vous faites vraiment trop de bruit." Quel meilleur moyen pour déclencher des cris, des ovations ou des huées à faire trembler le zénith ? Là où les stars du rock ont les pogos et autres violences inter-fosse, Tryo a l'humour. Ainsi, sur "désolé pour hier soir", Mali et Totor se lancent dans une improvisation hilarante, où ce dernier, déguisé en sorte de femme "mélange de Jackie Sardou et d'un Pokémon" fait du charme à notre inépuisable Christophe Mali, pas encore rétabli d'une cuite qui l'a fait "monter au chapiteau". Mémorable ! Encore une preuve que Tryo ne délaisse aucun art, du théâtre au cirque, de la danse à la musique tout simplement. Ce soir-là, les artistes invités sont - ô surprise - Bénabar, qui reçoit un accueil triomphal pour une brève prestation sur "Armstrong", et les inévitables Ogres de Barback qui interprètent 2 chansons dont la touchante "première fois" que le public connaît par coeur. Quand M apparaît en vidéo, il déclenche une ovation hors norme. Il n'est pas là pour chanter mais pour danser, et faire danser Tryo et plus si affinités. Et en effet, tous les artistes se réunissent pour danser cette superbe chorégraphie digne de notre chère Star Academy. Du cynisme encore avec la "Tryouze". Mais qu'est-ce ? Une version gigantesque de la partouze. La tryouze est une exclusivité du 8 Décembre puisqu'elle est une réaction provocatrice aux charmants journalistes qui ont qualifié le concert d'incitation à la débauche, certainement à cause des préservatifs gonflés volant à travers la salle et à la chanson "serre-moi", la plus belle du répértoire Tryo, hymne à l'amour et au sexe. Du cynisme encore et encore avec les références politiques qui font l'hunanimité chez les fans de Tryo. A deux reprises, notre cher ministre de l'intérieur est épinglé et cité dans le texte "diviser pour mieux régner".
Ainsi, pendant 3h30 exceptionnelles, Tryo n'a jamais perdu de son énergie, le public non plus. On ne peut s'étonner de tant d'endurance pour des artistes qui, au bout de 10 ans, ont su rester fidèles à leurs principes. Ô joie ! Ils n'ont pas changé ! Dans 10 ans, ils nous l'ont promis, on les retrouvera au même endroit, fidèles au poste et à eux-mêmes. En attendant, on en demande encore, car 10 ans d'attente, c'est trop long...

# Posté le mercredi 21 décembre 2005 07:45

The island

The island
Il court, il court le furet...
Thriller ? Non. Science-fiction ? Non plus. Comédie ? Oh que oui ! Si cela pouvait être volontaire, il n'y aurait aucun problème, mais non ! Explications...
Tout part d'une bonne idée : dans un futur proche, la science se mettra à fabriquer des clones humains pour sauver des vies en cas de nécessité de greffe. Pas con... Sauf que voilà, le reste, c'est du couru, et c'est le cas de le dire : il n'y a pas que les acteurs qui courent, il y a aussi le chef op'. Et il court vite le saligaud ! Résultat, le tout est un immense bordel qui ne parvient même pas, malgré notre cerveau lapidé par les images, à nous faire oublier les faiblesses du scénario qui pourtant sur le papier promettait une réflexion intéressante genre "mais où va la science ??". Ben non, finalement, ça tourne au comique. Bref, ce n'est certainement pas avec "the island" que Michael Bay rentrera dans la top list des réalisateurs de blockbusters, qu'il tente en vain d'atteindre depuis "Armageddon".
Que sont alors venus faire les géniaux Ewan McGregor et Scarlett Johansson dans cette... daube ? Leur prestation est certes pitoyable mais excusable : en effet, ils sont si bons acteurs qu'ils s'adaptent à la médiocrité générale du film. Après tout, ils n'ont qu'à courir.
"Préparez votre fuite"... de la salle ! (ohohoh!!!)


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# Posté le dimanche 18 décembre 2005 14:52

Modifié le mardi 12 juin 2007 14:49

Les âmes grises

Les âmes grises
Comme pas grand monde n'a dû voir ce film, faisons une petite exception avec un résumé (pas de moi >> source) :
En 1917, par un matin de Décembre, dans un village situé près du front mais à l'abri de la guerre, une enfant est retrouvée assassinée à deux pas de la demeure du procureur Destinat qui vit depuis des années muré dans son veuvage et dans ses secrets. L'enquête menée par le juge Mierck, que le procureur a toujours méprisé et humilié, devient alors un jeu pervers où la fabrication d'un coupable semble davantage compter que la recherche de la vérité.

Il m'est très difficile d'écrire à propos de ce film tant il m'a subjuguée. Je vais donc vous livrer une critique tout sauf académique...
Marre des films manichéens ? Précipitez-vous sur "les âmes grises". Le titre donne le ton : ni noir, ni blanc. Gris. Et j'ai un amour immodéré pour les choses tristes, pesantes. Le gris, c'est terne ; le film ne l'est pas, dans le sens où il n'est pas fade, et bien loin du classicisme que lui ont reproché les critiques. "Les âmes grises", un téléfilm conventionnel ??? AAAAAAAAAHHHHHH !!!!! Tous les goûts sont dans la nature, d'accord, mais à cause de ces foutues critiques, les spectateurs ont délaissé ce joyau 2005. En revanche, si l'on regarde les critiques des rares spectateurs qui l'ont vu, elles sont très bonnes. Peut-être parce que eux au moins se sont laissés prendre par l'atmosphère glaciale, intense du film. Sur ce point, Studio mag (THE référence) dit juste : "côté atmosphère, le film est une réussite". En fallait-il plus pour véhiculer un sentiment de malaise et d'horreur ? L'extraordinaire dans ce film, c'est la souffrance par omission : on ne voit rien de la guerre. Pas de combats, pas de cadavres, simplement la terreur, la folie de soldats passant par le petit village, et cela traîté avec une efficacité redoutable.
D'autre part, "les âmes grises" étant l'adaptation du très récompensé livre homonyme de Philippe Claudel (aucun lien, fils unique !!!), la trace littéraire se ressent à travers les sublimes dialogues prononcés par des acteurs... ouah ! Il n'y a pas de mot. Quand Jean-Pierre Marielle dit "si l'enfer existe, il faut bien qu'il serve" (à restituer dans son contexte), la salle frémit, j'ai même entendu un spectateur (je ne me souviens plus si c'était mon connard de voisin) dire "elle est horrible cette phrase!". Une cruauté froide qui résume le film. Et puis, il y a Jacques Villeret. Comme il est triste que le jeu des dates de sortie nous fasse retenir "les parrains" comme son dernier film qui vaut certainement bien moins que "les âmes grises" qui est bien le dernier film qu'il a tourné. Lui seul aurait mérité que le film soit un succès. Dommage : on oublit trop vite nos morts (ah ! quand je repense à la cérémonie des césars où son nom n'a pas été prononcé une seule fois!!). Et puisqu'on en est à parler des acteurs et des césars, je réclame au moins une nomination au césar du meilleur espoir pour Thomas Blanchard, qui me donne encore des frissons tant il est éblouissant. Son personnage paraît être le moins trouble, celui pour qui l'on compatit avec bonheur dans ce monde glacial, la pauvre victime, l'injustice incarnée mais... suspens...
A ce niveau justement, on touche à une autre grande qualité de ce film : l'indéfini. Studio mag (encore !) dit à ce propos : "côté intrigue, on reste sur sa faim". Oui et non. Oui, car au final, on a un coupable fusillé mais le doute sur l'innocence de chaque personnage persiste. Non, car le flou participe à l'atmosphère de malaise générale. Petite anecdote : même les acteurs ne savaient pas s'ils étaient coupables ! Jean-Pierre Marielle disait tantôt après une séquence "là, c'est sûr, je suis coupable", tantôt "c'est pas moi, je suis innocent !" (rapporté par le réalisateur lui-même que j'ai eu la chance de rencontrer pour une avant-première-débat très intéressante).
En résumé, un chef-d'oeuvre malheureusement d'ores et déjà oublié.

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PS : A part ça, je n'étais pas inspirée... hum!

# Posté le dimanche 18 décembre 2005 13:52

Modifié le mardi 12 juin 2007 15:00