J'aime/J'aime pas

J'aime le cinéma ? Foutaises !

J'aime arriver la première dans la salle, silencieuse, encore chaude de la projection précédente, et prendre le temps de choisir ma place.

J'aime pas arriver en retard et faire la queue en désespérant à l'avance de me retrouver au premier rang.

J'aime observer la tête des gens au sortir de la salle, avant de moi-même entrer dans l'antre pour assister au spectacle.

J'aime pas sortir de la salle après avoir pleuré et affronter la file de spectateurs attendant pour la séance suivante.

J'aime quand les lumières s'éteignent alors que j'ai toujours mon magazine en main.

J'aime pas quand les lumières se rallument après le quart d'heure de pub.

J'aime regarder les bandes-annonces, annonciatrices de plein de bons moments en perspective, et les commenter avec les autres.

J'aime pas me dire que je vais louper la moitié des films qui m'attirent.

J'aime garder le silence après un film chargé d'émotion.

J'aime pas pépé et mémé qui se croient devant leur télé.

J'aime rester jusqu'à la dernière note du générique.

J'aime pas les gens pressés qui se lèvent dès la première note du générique, comme s'ils avaient envie de pisser, et qui m'empêchent de voir l'écran.

J'aime voir un acteur que peu de gens connaissent faire une apparition et sentir alors la félicité me gagner bêtement.

J'aime pas avoir le nom d'un acteur ou du dernier film dans lequel je l'ai vu sur le bout de la langue.

J'aime mon cinéma local, amoureux de tous les genres, qui ne me déçoit (presque) jamais.

J'aime pas les cinéma-industries Pathé-Gaumont qui bannissent la VO.

J'aime le cinéma ? Non, c'est bien pire que ça !

Vous aussi, essayez-vous à cet exercice (sans dériver du thème, please), vous allez voir, c'est savoureux !
En espérant récolter des commentaires qui se font de plus en plus rares en ce moment !!





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J'aime/J'aime pas

# Posté le dimanche 05 février 2006 10:16

Modifié le lundi 06 février 2006 05:07

Les films de Janvier

Les films de Janvier
Retour sur les 10 films que j'ai vus au ciné ce mois-ci.

Le film du mois : Le secret de Brokeback Mountain
Difficile de parler de ce film, de peur de dire de grosses conneries. En sortant de la salle, le silence s'imposait : trop d'émotion. Quelle merveille ! On pourrait s'attarder sur la beauté des paysages quand on a rien d'autre à dire ! Mais il y a tant de choses dans ce film, au sujet risqué et si bien traité. Devant nos yeux, deux hommes - interprétés par messieurs Gyllenhaal et Ledger, deux beaux mâles en puissance qui prouvent qu'ils sont bien plus que cela, c'est-à-dire de bons acteurs. Deux hommes qui s'aiment qui deviennent un couple normal sous nos yeux. Homosexuels ? Ah bon ! Amants, tout simplement. Ang Lee traite son sujet avec une telle délicatesse que les esprits bornés ne s'insurgent pas contre le caractère choquant de la scène de sexe par exemple, filmée brutalement, en silence, pour ne signifier qu'une réalité, pas le début d'un drame. Pourtant, drame il y a car les conventions sociales des années 60 n'acceptent pas l'homosexualité. C'est le traditionnel obstacle de l'amour impossible, obstacle très abstrait et presque absent à l'écran : il apparaît furtivement au travers d'une histoire, d'un geste... au fond, cette barrière existe dans leur tête plutôt que face à leurs yeux. De là vient toute la délicatesse de l'émotion. Un grand mélo pas larmoyant, c'est-y pas beau ?
En espérant ne pas avoir dit de conneries...
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Lord of war
"Aujourd'hui, les plus grands marchands d'armes sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine... Les cinq membres permanents de l'ONU." Telle est la dernière phrase du film, et pas la moindre, une phrase qui pourrait nous emmener dans une longue dissertation sur le marché des armes, ce à quoi finalement nous invite à faire le film. Avec moult répliques chocs et fines, avec un cynisme quasi permanent, Andrew Niccol frappe en plein milieu du crâne. Une bombe, quoi ! Dommage que le film tende parfois vers le cliché (pourquoi n'y a-t-il que des poufs dans le film, l'obésité n'existe plus ?) ou le misérabilisme ("regarde ce que tu fais avec tes armes !"), heureusement contrebalancés par tout le reste. Presque bombissime !
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Good night, and good luck
Beaucoup moins percutant que "lord of war", moins sensible, mais maîtrisé à merveille, "good night, and good luck" est un film passionnant pour qui veut bien se laisser prendre par la frénésie des coulisses de la télévision des années 50. George Clooney réalise un film très bien construit où images d'archives et reconstitutions se mêlent avec brio, où le héros n'est pas sacralisé puisque les retombées de ses discours ne sont que discrètement évoquées. Malgré cela, George Clooney remet en cause la responsabilité des médias sur l'opinion publique : jusqu'où faut-il aller pour défendre la vérité ? "Good night, and good luck" laisse cependant de marbre quant aux personnages, distants, et parfois inutiles (que vient faire l'histoire du couple là-dedans ?). Brillant.
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La vérité nue
Tortueux, sensuel, fascinant... "la vérité nue" est tout cela à la fois. Compliqué aussi, très compliqué et confus à ses débuts. Certains vous diront que c'est ce qui fait le brio du film, mais n'exagérons rien. De plus, le dénouement est complètement tordu, épatant, inattendu, oui mais tiré par les cheveux. C'est tout ce que l'on pourrait reprocher au film d'Atom Egoyan qui signe là une oeuvre étourdissante. Comme la gloire et ses travers, comme les personnages et leurs secrets. Chaque découverte est une victoire, aussitôt démentie par de nouvelles clés, et cela n'en finit pas. Et quand arrive le point final, on voudrait revenir en arrière et tout revoir, chaque regard des personnages, chaque détail sensiblement lié au dénouement pour comprendre. C'est comme un film de Shyamalan sans angoisse ! Bref, c'est extra !
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Un ticket pour l'espace
Une comédie hilarante, dingue et azimutée, qui ne l'assume pas toujours jusqu'au bout mais qui vaut le détour ! Mwahahah !!! Teddy le dindon !!!
Voir plus bas...
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King Kong
Peter Jackson is an amazing film director who is able to captivate you during three hours, don't miss this movie !
Voir plus bas...
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Je vous trouve très beau
C'est la surprise du mois; déjà mini-phénomène, le premier film d'Isabelle Mergault vaut le coup d'oeil, bien qu'il ait bel et bien des allures de premier film. Au fond, son film est plein de clichés et très naïf, mais ô suprise, on y croit ! Au départ, ce n'est qu'une comédie normale, pleine de fraîcheur, qui manque d'éclats de rire sans être excécrable. En fait, tout le début est dans la bande-annonce. Arrive Medeea Marinescu. Autant le dire tout de suite, elle irradie l'écran de son joli minois et de son accent très dépaysant, bref, elle nous donne du baume au coeur. Avec un tel soleil au milieu de notre campagne bouseuse, il est normal que Michel Blanc tombe sous le charme de la jeune roumaine, et que l'on tombe sous le charme de Michel Blanc, tragédien que l'on soupçonnait à peine. Petit à petit, "je vous trouve très beau" bascule dans la comédie romantique/dramatique remplie de bons sentiments. Bref, une comédie fleur bleue pleine de défauts, et c'est pour ça qu'on l'aime !
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Madame Henderson présente
Je viens de voir que Judi Dench est nominée à l'Oscar de la meilleure actrice. Surprenant ? Oui, puisque le film passe presque inaperçu, et non étant donné que le film repose sur les épaules de l'actrice et de son camarade masculin Bob Hoskins. Leurs joutes verbales sont absolument jouissives, si bien que dès qu'ils disparaissent de l'écran, le film perd en intérêt. Parfois, Stephen Frears se perd dans la reconstitution des tableaux du Moulin Rouge anglais et freine le rythme jusque-là enlevé qui donnait tout son charme à cette bonne comédie guillerette. Kelly Reilly sauve les quelques moments où Judi Dench et Bob Hoskins disparaissent. Plaisant mais inégal.
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Le monde de Narnia
Une bouse Disney, je crois que j'en ai assez dit >> ici
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Gentille
Le navet 2005. Une ôde à l'ennui.
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Voilà, j'expérimente cet article, j'attends vos avis : faut-il le conserver ? Si non, que faut-il y modifier ?

# Posté le mercredi 01 février 2006 16:15

Ballroom dancing

Ballroom dancing

Petit article brut de décoffrage sur le premier film de Luhrmann.

Ca y est ! Je peux enfin me vanter d'avoir vu la filmographie entière d'un réalisateur ! Ahahah ! c'est là qu'il faut rire puisque la filmographie en question n'est composée que de trois films, mais quels films !

"Ballroom dancing", fait office de manifeste de la trilogie du rideau rouge, un coup d'essai du maître, mais qui n'en est pas moins intéressant.
Tout part d'un scénario très classique, prévisible : à la seule vision du laideron binoclard rejeté et du beau gosse en pleine gloire, on devine qu'elle, le laideron, deviendra jolie et que le beau gosse en tombera amoureux. Et inutile de la cacher, c'est ce qui se passe. La seule raison pour laquelle on ne rit pas vraiment des banals rebondissements, c'est la mise en scène de Baz Luhrmann, certes loin de l'ambition des films qui vont suivre, mais très prometteuse. Il y a tout d'abord les couleurs. Luhrmann n'est pas économe à ce niveau et aime à éblouir le spectateur avec force paillettes et coloris fluos, participant à l'exagération de l'ensemble, assumée, sans plus. En réalité, mieux vaut oublier les films postérieurs de Luhrmann pour n'être déçu de rien, car on a vite l'impression qu'il ne va pas jusqu'au bout de ses envies, de ses possibilités, comme s'il avait voulu ménager le spectateur, voire son producteur. Mais comme toujours, c'est dans la première séquence qu'il est le plus audacieux, et cette fois-ci, c'est buvable. De manière originale, il alterne entre un concours de danse sportive et un reportage mystérieux sur le drame/scandale déclenché par un certain Doug Hastings, façon peu banale de présenter le sujet, il faut l'avouer. D'autant que Luhrmann donne le ton : strass, paillettes, faux sourires et maquillages outranciers seront le lot de ce qui va suivre. Pourtant, Luhrmann se dirige souvent vers la simplicité lorsqu'il s'introduit dans les milieux gitans : volonté ou manque d'originalité ? Intimité ou politiquement correct ? La question reste en suspens, mais cela ne nous fait pas bouder notre plaisir. Car quoiqu'il fasse (ou presque), Luhrmann parvient à nous faire oublier les faiblesses du scénario, dilemme presque racinien "devoir ou amour ?" sans dialogues raciniens ! En outre, il rend un vrai hommage à la danse sportive qu'il filme sagement mais sûrement. Quel régal !

A life lived in fear is a life half-lived.
(exercice de diction !!^^)

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# Posté le dimanche 29 janvier 2006 16:36

Coup de gueule

Juste un petit article qui ne sert à rien, juste pour gueuler, rien à voir avec le cinéma.

En cherchant innocemment un synonyme de "époux" dans le dictionnaire approprié, je trouve cinq mots : "compagnon", "conjoint", "mari"... jusque-là, rien de bien méchant.

Puis je lis : "seigneur et maître".

Est-il seulement utile de commenter ? Je sais bien que les hommes sont à l'origine de la grammaire et de toute évidence, de ce dictionnaire aussi. Pourtant, il n'est pas si vieux que cela - 1993 - date à laquelle les mentalités des mâles et de la société étaient, ce me semble, déjà évoluées.

Je ne cherche pas ici à déclamer un quelconque discours féministe éculé, je veux simplement crier ma surprise et mon INDIGNATION.

Moi pas comprendre.

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 13:54

Modifié le dimanche 29 janvier 2006 13:46

Le fantôme de l'opéra

Le fantôme de l'opéra
Il y avait plein de choses prometteuses à l'origine du film : une histoire sublime, gothique à souhait, un univers renversant de couleurs et la musique métal/opéra culte d'Andrew Lloyd Webber. Seulement voilà, Joel Schumacher n'a pas pris assez de distance par rapport à la comédie musicale qu'il a remakée. Il aurait pu faire mieux - tellement mieux ! – en se détachant de la musique et des conventions de la scène pour réaliser un film beaucoup plus sensuel et à fleur de peu en ne gardant que quelques morceaux. Il aurait même pu en faire un film plus théâtral et grandiloquent, plus déchaîné, bref, il aurait pu tout faire plutôt que de se contenter de restituer tout l'univers désuet et kitschounet de l'original. Quand les acteurs vont-ils donc s'arrêter de s'époumoner ??? Même à l'opéra, ils chantent moins ! Pendant plus de 2 heures, autant de musique remplit le chou et laisse froid quant à la magnifique histoire. En effet, toute la passion s'évanouit dans la pompe et le faste de l'ensemble auquel Joel Schumacher ne donne aucun souffle avec sa mise en scène relativement plate, ni trop fouillis, ni vraiment énergique. Le réalisateur a l'ambition d'un Tim Burton pour son esthétisme et d'un Baz Lurhmann pour sa folie du spectacle, mais n'arrive pas à leur niveau.
Alors comment se fait-il que malgré tout, le film se laisse voir gentiment ? Comme souvent au cinéma, les images font illusion. Les décors et costumes sont d'une divine beauté, très travaillés, colorés et riches ; c'est un véritable régal visuel, avec une petite objection cependant sur l'antre du fantôme, à la limite du décor de fête forraine. Bref, dans cette déferlante de dorures, les yeux se délectent quand les oreilles grésillent. Mieux valait donc aller voir le spectacle, car le film n'apporte rien de nouveau. Paradoxalement, lourd mais plaisant.

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Un petit anachronisme s'est glissé dans le film. Dans son désir de reconstituer les coulisses de l'opéra, Joel Schumacher n'a pas voulu oublier la danse classique. UN plan montre des petons de danseuse qui met de la colophane (résine de pin collante qui permet de ne pas glisser) sous ses pointes. Jolie image, somme toute, si l'on oublie qu'à l'époque les pointes ne ressemblaient pas à ça, elles étaient beaucoup moins souples et même les étoiles ne pouvaient monter correctement dessus. Un détail, je vous l'accorde.

Alors, selon moi, comment aurait-il fallu adapter "le fantôme de l'opéra"?Une chose est sûre : il est indispensable de garder au moins la chanson-phare "the phantom of the opera", ne serait-ce que dans le générique. J'ai découvert ce morceau grâce à Nightwish et je comprenais les paroles différemment du sens général : au fond, on peut interpréter les paroles de deux façons différentes. Concrètement, il s'agit du monstre humain qui terrifie le bâtiment de l'opéra, mais n'est-ce pas aussi la musique personnifiée qui hante l'esprit de Christine ? Une présence irrépressible, douloureuse et merveilleuse. Seule dans sa loge, face à son miroir, Christine entend des voix, alors que derrière elle, une ombre s'approche et la saisit : c'est le fantôme. Classique. Christine ne peut se défaire de l'étreinte, il l'emmène dans son antre, elle se débat, le tout filmé d'une manière très théâtral, en évitant éventuellement les dos. Ainsi, le fantôme serait beaucoup plus inquiétant, plus violent, comme une présence invisible dans le dos de la jeune fille. Cliché ? Oh ! Certainement ! Mais tellement plus fort qu'une simple descente en chantant dans les souterrains de l'opéra. Participerait également à l'embrasement de l'histoire la profondeur des personnages, qui sont selon moi trop fades dans le film. Christine est vraiment trop difficile à cerner, elle est voulue timide, elle n'est qu'inexpressive ; si elle était plus torturée, changeante, à la fois maladroite et fougueuse, le film serait-il plus fort ? De même, il est impératif de changer l'image du couple, vraiment trop niais pour que l'on s'y attache. Etant une adoratrice du "Roméo + Juliette" de Luhrmann, je donnerais au couple une image plus passionnelle, de sorte que le fantôme soit réellement perçu comme un parasite. J'aimerais également ajouter plus de danse classique, et finalement jouer sur l'anachronisme des pointes. "Vous chantiez ? Eh bien dansez maintenant !"
Une chose est certaine : j'adore l'imagerie gothique de ce film. L'escapade au cimetière m'a donné des frissons. Mais là encore, je me serais détachée de la musique, plus que tout parasite dans ce moment qui devrait être silencieux, recueilli. Croyez-en ma petite expérience des cimetières, le temps semble suspendu chez les morts ! Bon, j'arrête mon petit délire macabre !

Voilà, ce ne sont que les suggestions d'une pauvre ado rêveuse (donc ne pas s'affoler des clichés) à ne pas prendre au sérieux !

# Posté le mardi 24 janvier 2006 09:23