Des hommes et des femmes

Des hommes et des femmes
J'ai le lourd devoir d'épargner les déceptions en vous avertissant de suite : popol risque de ne pas comprendre : "C'est quand c'est qu'y baisent ?". Après tout, au vu de l'affiche et du titre, tout mâle, voire toute femelle, est en droit d'attendre quelques scènes de cul. Un film à petit budget, qui frise l'amateurisme ! En plus ! Hélas, messieurs-dames, ceci n'est qu'un coup de pub ! "Entre adultes" est aussi érotique qu'une tranche de jambon. Qu'est-ce alors ? Rien d'autre qu'un film de fin de stage d'"acteur et caméra" qui a bénéficié de deux privilèges. D'une part, Stéphane Brizé, le réalisateur, jouit du succès de son "Je ne suis pas là pour être aimé", qui, inscrit au-dessus d'un décolleté plongeant peut aussi faire penser à de la baise. N'empêche, c'est vendeur, autant pour les cinéphiles que pour les esprits mal placés. D'autre part, un certain Mister Claude Lelouch a mis son grain de sel dans l'affaire et a permis à un film sans intérêt de figurer sur nos écrans. Une fois n'est pas coutume. L'homme a dû être séduit par le côté "Un homme et une femme" multiplié par douze. Douze, c'est le nombre de duos formés par six hommes et six femmes, le nombre de scènes, le nombre d'histoires de couple. L'idée est tout de même originale et alléchante ; le scénario s'avère d'un réalisme troublant, sans aucune forme d'idéalisation, au point d'oser le banal... et l'inintéressant. Dans les films à sketchs, il y a souvent du jetable. C'est le cas ici, d'autant que le film trouve ses propres limites dans son système qui ne tient pas la distance sur 1h20 ; cette mécanique d'enchaîenement de scénettes, bien que fort bien écrites, s'épuise... et on s'ennuie. Mais qu'importe au fond, puisque le film existe à l'origine pour les acteurs, qui se révèlent justes pour la plupart : espérons que le film aura au moins servi à les faire découvrir. Sinon, la cassette aurait dû rester sur leurs étagères...

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# Posté le vendredi 20 juillet 2007 09:16

Modifié le vendredi 20 juillet 2007 09:32

News

News
Laissez-moi vous donner des nouvelles et le pourquoi du comment ce blog est en jachère depuis longtemps.

Me voici bachelière littéraire. Forcément, il a fallu travailler, pendant le peu de temps qui m'a été imparti au milieu de mes 10h30 d'activités extra-scolaires (danse qui m'a offert un 20 au bac (minute de vanité, svp), et théâtre). Forcément, j'ai manqué de temps. Rassurez-vous, je n'ai point délaissé le cinéma, si ce n'est pendant ce mois de Juin infernal. Alors, je suis fière d'annoncer que mes efforts ont été récompensés d'une mention très bien. Oui oui, très bien. Elle est fière, la Coco... mais pas pour longtemps, puisque je vais en chier à mort l'an prochain. Excusez-moi pour cette vulgarité, mais je ne vois pas d'autre terme qui puisse exprimer aussi justement ce qui m'attend l'an prochain en hypokhâgne. Avec option Etudes cinématographiques, of course, sinon, je n'y mettrais même pas les pieds. Tout ceci pour dire que mon retour est très très éphémère et que, même si ce blog continuera d'exister, il ne verra plus aucune mise à jour à partir du 4 Septembre, voire du 6 Août. Cependant, il n'y a pas de quoi pleurer sur la tombe puisque je ne pense pas honnêtement tenir plus de deux mois en enfer ; alors je reviendrai vivre parmi les cinéphiles, les danseurs et les comédiens, parce que c'est tout ce que j'aime.
L'inspiration m'a manquée également, aussi la critique que je vous offre ci-dessus n'est autre qu'une bouffée d'inspiration et une cruelle envie de m'attaquer à un film facile. Mon retour n'est pas ce qu'on appelle fracassant !

En photo : extase devant les résultats du bac...

# Posté le vendredi 20 juillet 2007 08:31

Good Bye Kremlin !

Good Bye Kremlin !
"La vie des autres" ou la surprise allemande... de l'année ? A voir l'expansion et la qualité du cinéma allemand de ces dernières années, nous ne sommes pas à l'abri des bonnes surprises. Toujours est-il que le premier film de Florian Henckel von Donnersmarck arrive en fanfare sur les écrans français, déjà couronné maintes fois (7 Césars allemands !). Les profs d'Histoire sont déjà fans : aucune nostalgie d'un doux temps communiste, non, des faits. On entre dans un film entièrement déshumanisé, mécanique, froid, à l'image d'Ulrich Mühe, agent de la STASI, à l'image du régime même. Nous voilà, spectateur, en position de voyeur, entrant dans la vie de ce couple d'artistes, comme le fait la STASI, mettant les mots sur les faits, banals ou intimes ("ils déballent des cadeaux, et ensuite, probablement un accouplement" : cherchez le lien logique !). Une fiction rigoureusement documentaire, en somme ? Nein. Car petit à petit, le film et ses personnages s'humanisent. Le silence et la résignation des artistes deviennent protestation – suite au suicide d'un ami metteur en scène, interdit de travailler – et nous entrons enfin dans la mécanique inverse, celle de la dislocation progressive du régime à l'échelle de ces quelques individus. Sans même que l'on s'en aperçoive, l'émotion nous gagne, pas à pas. L'officier de la STASI, au visage toujours impassible, devient alors humain ; son masque laisse parfois entrevoir ses fêlures, sa solitude, mais seuls ses actes sont les marques brutes de son humanité (re)naissante. Ulrich Mühe est captivant : son visage monotone dit tout ! C'est ainsi qu'humblement, il sauve le couple qu'il a le premier voulu surveiller ; mais il n'y a ici aucune héroïsation ni grandiloquence quelconque. De même, tout un chacun attend un final grandiose, une réplique déchirante, à deux doigts de fantasmer les violons... eh bien non ! Florian Henckel von Donnersmarck prend nos attentes à contre-pied et réalise le final parfait, point d'orgue de l'émotion simple.
L'art, comme salut d'une humanité en perdition...

En un mot : Rigoureux.


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# Posté le mercredi 21 février 2007 16:29

CUEILLE LA SECONDE...

CUEILLE LA SECONDE...
Messieurs, si vous voulez mater des nanas à poil, plus besoin de cacher vos magazines pornos, le nu arrive au cinéma ! Ah pardon ! Avec "Cashback", nous avons devant les yeux de l'artistic nude... Soit. Seulement artistique, il ne l'est pas toujours (mon esprit de jeune prude a été choqué, n'est-ce pas ?!). Donc la poésie du message et de la réalisation est contrebalancée par une vision de la femme typiquement masculine, et parfois vulgaire. Heureusement, il y a ce personnage de Sharon - interprétée par une Emilia Fox superbe - dont Ben tombe amoureux, qui prend une dimension humaine petit à petit (car au début elle n'est qu'un objet féminin comme les autres) ; quand l'amour se mêle de l'art, on touche au sublime.
L'idée originale – celle d'un artiste qui peut figer l'instant – représente le principal attrait du film : elle donne lieu à de véritables moments de poésie, comme l'ultime scène sous une neige en suspens, véritable rêve romantique. La réalisation, pour un premier film, est excellente, car elle confère une atmosphère surréaliste, avec une image granuleuse et surexposée, et des trouvailles utilisées à point (la dispute au ralenti, sur fond d'opéra !). Sean Ellis confirme qu'il a du talent, en exploitant le court-métrage qui l'a vu récompensé dans de nombreux festivals.

En un mot : Dénudé...


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# Posté le jeudi 01 février 2007 14:38

JACQUOU LE CROC-BLANC

JACQUOU LE CROC-BLANC
Beaucoup attendaient le nouveau film de Laurent Boutonnat, le fameux pygmalion d'une certaine rousse, qui était parti bouder dans son coin après l'échec de "Giorgino". Après avoir ramé pour monter cette adaptation d'un livre et d'un feuilleton à succès, son jacquou arrive enfin, avec, en outre, un casting très alléchant. Il faut être prévenu : "Jacquou le croquant" est un film marqué par l'univers du réalisateur, à savoir un goût esthétique, avec un net penchant gothique (même s'il s'est limité) et un talent pour le romanesque, que le clip lui permettait d'exploiter parfaitement. On sait alors à quoi s'attendre : beaucoup de beaux tableaux et de grands sentiments. En somme, ne soyez pas difficiles. Laurent Boutonnat joue sur les couleurs, à dominante orange, et régale les yeux de paysages de la Dordogne roumaine. On retrouve au milieu des grandes plaines Jacquou et Lina courant, amoureux, à travers les fleurs, tels des héros de "la petite maison dans la prairie", les oiseaux chantent, les violons résonnent... c'est beau ! Cui cui ! Le spectateur est prêt à accepter le romanesque ; malheureusement, certains clichés restent risibles. Les dialogues, classiques, frôlent même le ridicule, dans un final convenu. « T'as peur ou t'es fatigué ? » demande Jacquou au comte de Nansac qu'il poursuit de sa vengeance : quelle spiritualité ! De même, Boutonnat use et abuse du ralenti, procédé superbement exploité dans ses plus beaux clips ; hélas, il oublie qu'il fait du cinéma ! Alors, « Jacquou le croquant », un navet ? Loin de là, malheureux ! Il suffit d'être prévenu du film auquel on va assister et de se laisser porter par le souffle romanesque de la mise en scène... La scène de la danse dégage une énergie captivante : certainement un des moments les plus réussis du film.
Laurent Boutonnat a déclaré qu'il arrêterait le cinéma si son "Jacquou" ne marchait pas. Quelle perte ce serait !

En un mot : Grandiloquent.


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Message subliminal : Gaspard Ulliel a un beau cul !!!! (ou sa doublure !)

# Posté le jeudi 01 février 2007 14:31